Avec leur précédent opus « The Tritonus Bell », les finlandais de Hooded Menace nous avaient laissé déjà quelques – rares, certes - indices.
L’on trouvait effectivement quelques pas de côté qui invoquaient, ici Metallica version « acoustique », là un passage succinct du côté des Cure (oui, ça surprend), et qui dénotaient sur un album et dans un genre plutôt monolithique. Et puis une reprise de WASP (« The torture never stops ») venait dynamiter un peu le bazar.
« Lachrymose monument of Obscuration » vient ici enfoncer le clou, en infusant bien plus franchement diverses influences dans sa tisane. Les passerelles avec le gothisme façon Paradise Lost sont ici appuyées (« Portrait without a face », presque Farmerien par moment, n'étaient les growls de Harri Kuokkanen…), et les appels aux anciens de la New Wave of British Heavy Metal pointent par moments le bout de leurs riffs épiques (certains passages de « Pale Masquerade », « Daughters of Lingering Pain »).
Plus surprenant, l’AOR s’invite également, que ce soit dans l’intro instrumentale « Twilight passage » ou encore certains traits de « Pale Masquerade ».
Enfin, les finlandais sacrifient à nouveau au rituel de la reprise, avec un choix assez surprenant. Car plutôt que de piocher dans le catalogue hard/metal comme dans l’opus précédent, les menaces à capuche optent pour un matériau bien plus pop. C’est en effet « Save a Prayer » des beaux gosse anglais Duran Duran, qui passe ici à la moulin…pardon : tronçonneuse des Doomsters. Le résultat est plutôt flatteur, lorsqu’on se réfère à l’original, plat comme une limande. On émettra par contre quelques réserves sur le clip qui en a été tiré.
Dit comme ça, sur le papier, c’est assez bordélique. Mis à part le conclusif « Into Haunted Oblivion » qui ramène au strict Doom-death, « Lachrymose Monument of Obscuration » part un peu plus franchement dans tous les sens. Cela reste plutôt cohérent dans l’ensemble, mais les pas de côté se transforment ici en détours qui risquent de perdre les fans de l’orthodoxie des débuts. Ils permettront par contre de rallier à la cause des capuches une frange plus friande d’un certain âge d’or de Paradise Lost et consort. Curieux...