Bon, pour être franc, si je suis réputé bienveillant et sympathique, il se trouve que je possède peu d'humour ; Raison pour laquelle je me terre souvent dans l'univers du Black métal, pour fuir toute la légèreté qui agace mon sérieux légendaire.
Bref, passons l'écueil de l'humeur en quittant l'introspection pour vous parler d'une oeuvre qui a eu le mérite de me surprendre, et pas qu'un peu !!!
Qui donc aura réussi à me tirer un sourire à part ma femme ?
Un groupe Français en est responsable ; j'ai nommé « Ethmebb », quatuor complètement déjanté d'artistes nous venant de Paris. Ethmebb s'est reconstitué en 2012 sur les cendres d'un projet de Grindcore, « Ethmeb » qui lui avait débuté en 2006, je pense. De ces cendres primales, ne reste que Rémi Molette, chanteur et guitariste.
Fini le grind dans cette réorientation de carrière, par contre, on garde l'amour du phallisme que l'on transpose dans un univers fantasy complètement « abracadabresque ».
Pour accompagner Rémi, Damien à la batterie, François à la basse et Victor (l'homme aux multiples surnoms) à la seconde guitare.
Si nous avons compris que ces bougres aiment ne pas se prendre au sérieux ou encore, que très sérieusement, ils aiment déconner, ce n'est pas un motif valable pour moi les blâmer.
Je les attends donc sur leur musique.
Et là, ma foi, pour la 3ème fois de ma carrière chez United Rock Nations, je me suis pris une claque magistrale.
Ces Parisiens sont géniaux dans leur unique façon de jouer du Power Death épique progressif avec des éléments symphoniques.
Sur leur sacrée quête du Grind, le son est très correct, ce qui permet d'appréhender au mieux leur art.
Figurez-vous qu'une seule écoute aura suffi à me séduire.
Sur les autres séances qui suivirent, plein de références ont hanté mon esprit.
Ethmebb s'offre le luxe de jouer dans la division des grands, constituant un improbable mélange entre de solides entités, de très jolies références, de Fleshgod Apocalypse, en passant par la folie d'Aborym, les superbes ambiances moins ambitieuses mais assez Rhapsodiennes (avec ou sans feu).
Le spectre de Carnival in Coal plane sur les hits, je dis bien des hits qui s'enchaînent sans jamais nous lasser.
Cette galette somptueuse s'ouvre sur une introduction symphonique « Tathor, l'Echalote de ses Morts » que je trouve, très sincèrement, prodigieuse. Musicalement, c'est énorme, travaillé et digne d'une intro de Xandria, d'Epica ou de Diabulus in Musica. Je suis sidéré face à la beauté du morceau qui enchante littéralement. « Thator » si tu ne la découvres pas.
« Lost my grind » prend le relais, dans toute sa quintessence épique. Le jeu de basse est super groové, ça swingue, ça remue. Le jeu de guitare est assez technique mais reste assez abordable, sans vous donner le mal de tête. Je soupçonne ces canailles d'apprécier Dream Theater. L ejeu de batterie est sobre mais bien aéré, prenant de très jolies libertés assez progressives. Le chant fait penser à S.A.S. de Misanthrope mais en nettement plus jeune. Ce chant, en Français, est super animé, bien ancré dans l'univers qu'il décrit. Quelques jolies nappes de claviers donnent une atmosphère très aventurière.
S'ensuit un hommage à Orlando avec « Orlango Blum » qui est plus atmosphérique dans son architecture et qui vous décolle de ce monde très matérialiste. Un petit chant en clair, exhorté tel un guerrier criant l'hallali. Et que dire de ce passage à la guitare dans la 3ème minute ? Un petit jeu assez hispanique et de toute splendeur. Nous terminons en vitesse, presque dans un espace plus typé Black symphonique sans perdre la richesse de composition progressive.
S'il existe encore des gens qui se demandent ce que signifient les initiales « G.P.S. », nos Parisiens nous en donnent une explication tangible sur « GPS : Gobelin Par Satellite » qui emprunte un sentier nettement plus Folk derrière le Death de base. La basse ronfle, donc j'adore. Le chant me fait penser aux géniaux Canadiens des Bâtards du Nord avec leur véritable hymne « Levons la corne ».
Les notes s'écoulent, continuant de me bercer, je me moque complètement du caractère loufoque de l'histoire, je me laisse envahir par ces mélodies imparables qui nécessitent plusieurs écoutes pour en percevoir les diverses subtilités. Quelques soli vous raviront si vous aimez le Power metal teinté de Heavy classique.
Je fonce sur le titre suivant, près de 10 minutes de durée, s'il vous plaît, « A la recherche de la découverte de la quête pour trouver le Saint Grind ». Le quatuor nous surprend sur le début du morceau, je revois le groove type de Faith No More à la belle époque. A peine le temps de rêvasser, nous sommes repartis avec fouge, pour assister en direct à cette recherche…ou du moins à la découverte de l'action de chercher. Ha ces nappes typées clavecin, que c'est sympa, je vois débouler dans mon salon musical, Luca Turilli, criant, « scandale ».
Sur la 6ème piste, en route avec les pirates des Cara….non, avec les « Pirates of the Caribou ». Nous y trouvons d'excellentes racines Folk, apportant du volume au Death de fond s'entremêlant avec des petites racines Black. Il y a un petit vent de « Mother North » qui souffle là mais sans aucune pensée négative. Le morceau est lumineux.
Le 7ème titre risque de vous mettre le cul par terre. Edith Piaf est mise à l'honneur dans ce titre loin d'en susciter l'évidence « Bruce Lee mena l'Amour », véritable hymne à l'amour, certes brutalement évoqué mais ayant le mérite d'apporter de la sensation. Si toucher à des oeuvres sacrées de la chanson Française n'est pas toujours une idée louable, ici, nous sommes loin du sacrilège mais bien dans la pure transcendance d'une estime qui se ressent amplement. C'est énorme.
J'allais stopper l'écoute, complètement conquis par l'oeuvre, lorsque je fus étonné de découvrir un titre fantôme qui se cachait ; une reprise chiptune, musique 8-bit (encore de la « bit », oui) mais qui nous plonge dans un espace « split second », vous vous souvenez de ce jeu électronique qui fit notre il y a presque 35 ans ?
Bon ce dernier morceau ne m'apporte rien, mais je souligne l'effet surprise. Le groupe sait y faire.
Ma conclusion est sans équivoque…
Si j'ai passé l'âge de rire des trucs phalliques, j'estime que c'est un remarquable travail qui est réalisé sur cet album et je ne puis que vous recommander de cliquer sur le lien suivant pour découvrir ce bien étrange égrégore artistique, Ethmebb :