Seth se manifeste en l’an 1995 vers Bordeaux et devient un des fers de lances de la naissante scène black en France. En parallèle, de ce que font les infâmes Légions Noires (Mutiilation, Vlad Tepes,…), la scène se développe très rapidement en France et des formations aujourd’hui cultes (Blut Aus Nord, Deathspell Omega, Anorexia Nervosa,…) ont façonnées la scène française et l’ont érigé comme étant une des plus intéressantes et créatives. Et Seth apporte une pierre majeure à cet édifice en construction avec son premier album “Les Blessures de l’Âme” sorti en 1998. Véritable pierre angulaire du black à la française, ce premier album est un indispensable pour tout amateur de black. Seth est très actif de 1995 jusqu’à 2013, date à laquelle le groupe se met en pause. Ce n’est qu’en 2021 que le groupe fait son grand retour chez Season of Mist avec le très bon “La Morsure du Christ”. Trois années plus tard, la formation culte revient en ce jour de fête nationale avec son septième album: “La France des Maudits”.
Pour ce nouvel album, Seth nous plonge dans la sombre et violente période de la révolution française. Avec son black metal symphonique mélodique, Seth redonne vie à cette période si particulière de notre histoire. Et dès le premier morceau “Paris des Maléfices”, nous nous retrouvons dans un Paris sale, sombre et où le désespoir et l’infâmie rôdent à chaque coin de rue. Avec son précédent album, le groupe avait quelque peu renoué avec son son signature de “Les Blessures de l’Âme” et sur ce nouvel album, nous sommes sur la même lancée, à savoir, un black metal symphonique efficace aux mélodies mémorables et véritablement prenant et marquant. “Et que Vive le Diable” en est un très bon exemple. Je trouve ce morceau vraiment bien écrit, la montée en puissance et tension fait mouche et cette fin de morceau fonctionne du feu de dieu (ou du diable ?).
Pour cet album, Seth est plus porté sur l’Histoire qu’il n’a pu l’être sur ces précédents albums, il n’en a pas pour autant lâché ces thèmes de prédilection comme le blasphème, l’Enfer ou le Diable. Thèmes relativement classiques pour un groupe de black mais que Seth a toujours su magnifier et lui donner cette dimension romantique et attirante. Nombreux sont les moments marquants et évocateurs comme “Dans le Cœur un Poignard” ou bien le très bon “Ivre du Sang des Saints”.
Pour être honnête, il m’est assez difficile de parler de l’album. En fait, l’album est vraiment bon de bout en bout qu’il est assez difficile de pointer des défauts mais il y a un côté “pilote automatique” que je trouve un peu dommage. C’est très bon mais j’ai un peu l’impression d’écouter “La Morsure du Christ” partie deux. C’est assez difficile à mettre le doigts dessus mais je trouve que l’identité de ce nouvel album est un peu moins marquée et convaincante.
Mais mis à part cette petite digression de fin, ce nouvel album est une nouvelle fois un très bon cru de notre très vive scène black française. “La France des Maudits” montre que Seth n’a plus rien à prouver et qu’il n’a vraiment pas volé son statut de pionnier tant sa dévotion pour le Métal Noir est totale !