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Jord

Enora
Journaliste

Soreption

« Jord » est un album en demi-teinte pour Soreption mais le travail de Tony Westermark à la batterie doit être souligné tant il constitue la colonne vertébrale des titres !
10 titres
Technical Death Metal
Durée : 32
Sorti le 10/06/2022
2009 vues

Quatre ans après l’excellent « Monument of the End » (2018, Sumerian Records), Soreption dévoile sa nouvelle création, intitulée « Jord ». Le groupe suédois de Technical Death Metal en est à son quatrième opus et les deux morceaux déjà mis en ligne, ‘The Artificial North’ et ‘Död Jord’, semblent plutôt annoncer quelque chose de prometteur, mais vérifions tout ça !

L’album s’ouvre sur ‘The Artificial North’ que nous venons d’évoquer : un titre d’ouverture classique du Tech Death et accessible qui devrait permettre à de nombreux auditeurs de se préparer à la suite. Arrive ensuite ‘The Forever Born’ qui restera dans les mémoires pour ses changements rythmiques maîtrisés et ses passages lancinants grâce à la basse de Rikard Persson. Stefan Nordlander, membre live du groupe, est indiqué en featuring sans que cela n’apporte beaucoup au titre qui s’achève sur un fondu trop rapide qui gâche un peu l’écoute. Autre featuring, ‘Prophet’, bénéficie de l’apport de Johan E. Andersson du groupe Dråp. Dès le début, le titre s’impose comme l’un des plus intéressants de « Jord » avec un vrai groove et un scream plus Black Metal qui vient contrebalancer celui de Fredrik Söderberg.

Sur ‘Each Death More Hollow’, le guitariste d’Abiotic, John Matos, accompagne le groupe qui nous offre alors son premier vrai breakdown de l’album ; on peut se dire qu’il était temps ou simplement apprécier que Soreption n’en abuse pas. Les passages au clavier confirment une tendance d’orchestration qui s’observait sur les précédents morceaux et qui a plutôt tendance à desservir les titres. Une influence américaine se fait vraiment sentir sur ‘A Story Never Told’, un morceau sur lequel Malcolm Pugh d’Inferi apporte sa pierre à l’édifice à travers un solo de guitare qui vaut le détour sans pour autant être transcendant. Après un début d’album sympathique, « Jord » donne cependant l’impression d’être de plus en plus répétitif…

La déception se confirme avec ‘The Chasm’, une chanson qui multiplie les lignes mélodiques et rythmiques jusqu’à en devenir une sorte de magma sonore dans lequel on peine à se repérer tant les instruments se parasitent les uns les autres. ‘The Nether Realm's Machinery’ est le morceau qui souffre le plus des orchestrations choisies puisque celles-ci sont totalement décorrélées de l’atmosphère de la composition et tiennent plutôt du prétexte que de l’apport véritable (un peu à la manière des featurings qui se sont enchainés sur la première moitié de l’album sans qu’on en ressente un réel bénéfice). Enfin, ‘Död Jord’, sans contexte le meilleur titre de l’album, vient mettre fin à ces errements et propose enfin une composition construite qui se déploie et se révèle dans sa complexité et sa beauté au fur et à mesure.

« Jord » est un album décevant de la part de Soreption, d’autant plus qu’on ne peut s’empêcher de le comparer à leur précédent opus. Facile d’accès, il peut constituer une entrée dans le Tech Death pour les non-amateurs mais sera sans doute plus facile à apprécier en live si le rendu est assez propre pour en profiter. Malgré tout, le travail du batteur, Tony Westermark, doit être souligné tant il constitue la colonne vertébrale des titres et propose le plus d’audace dans ses jeux rythmiques.