« Invincible » est un album hors-normes, qui sait rapprocher le rock très classique des années 1970-1980 des performances carrément glam rock, un retour post-apocalyptique et parfaitement moderne du groupe australien à écouter sans modération.
Préparez-vous à une escapade intergalactique : c'est la première chose qui vient à l'esprit quand on écoute Crosson pour la première fois. Le groupe australien se décrit ainsi : « Nous sommes arrivés au XXIème siècle afin de sauver l'avenir du rock et du métal. » Les rockeurs post-apocalyptiques, originaires d'Australie, promettent de « propager la maladie du rock'n roll » partout dans le monde (ndlr, le titre de leur premier album, « Spreading the Rock'n'Roll Disease », sorti en 2016). Tour d'horizon du nouvel album du groupe, « Invincible », sorti le 4 mai dernier chez « Metalapolis Records ».
Le titre éponyme de l'album, « Invincible » est un titre dont la tonalité rappelle le hard rock des années 1970-1980 : un véritable hymne qui démarre sur un rythme soutenu et un vocal saccagé de Crosson, le leader du groupe, mais qui reste surprenamment classique. Cette impression agréable d'une musique rétro, entre Bon Jovi et Kiss (le légendaire groupe dont Crosson est un admirateur particulier) se prolonge dans « Never Give Up », un morceau où la dimension plus glam rock est présente, à l'image du groupe lui-même. On se croirait dans les années 1980, avec ce refrain mélodique et le pont qui ne l'est pas moins, tout comme le back-vocal, une harmonieuse chorale féminine digne d'une performance live dans un stade (merci à Ms Devine et Electra Love, deux chanteuses du groupe qui contribuent à son image mythique).
« Unconditional Love » mérite une attention particulière : il s'agit d'un duo remarquable avec Jessica Wolff. Une fois de plus, Crosson opère un véritable retour en arrière, le titre étant une performance mythique à lui tout seul. Une intro tout en douceur avec un vocal timide et quelques notes de piano, le rythme s'accélère progressivement vers le refrain, tout en restant parfaitement mélodieux. L'harmonie des voix de Jessica Wolff et de Crosson contribue à créer une ambiance mystérieuse, le pont nous rappelant toutefois qu'on est dans le registre du rock, une incarnation du glam rock par excellence. Changement de programme avec « Rebel Train », dont le rythme change de tout au tout : on est dans le hard rock niveau rythme, la performance du chanteur en faisant autant. Le pont est remarquable, mêlant les guitares presque géniales et une chorale mystérieuse.
On en vient à un morceau musicalement théâtralisé avec « Success Needs No Apologies », avec une performance à fond dès les premières notes. Un titre très rythmique qui promet un spectacle en live, à une dimension rassemblant les foules, et qui se révèle, là encore, capable de renouveler le passé rétro du rock. On s'éclate tout autant avec « Broken », une ambiance digne d'un live de Kiss : les guitares rythmiques, un vocal du chanteur qui s'impose, un refrain simple mais efficace, un back-vocal justement dosé, un pont mélodique digne d'une chorale religieuse, tous les ingrédients sont réunis pour du glam rock dont l'ambiance se propage à la vitesse d'une infection. « Rock Warriors » est une réussite : un hard rock théâtralisé et efficace, paradoxalement rythmique et mélodieux en même temps, avec des guitares juste excellentes, qui pourrait devenir la devise des rockeurs du monde entier.
Un rythme plus posé introduit « The Hero », marqué par un vocal de Crosson plus en retrait et un refrain plus soutenu et riche en émotions, un joli pont rythmique, un titre qui démontre les capacités du groupe australien à défendre ce pour quoi ils seraient venus ici : propager l'esprit rock'n roll dans les foules. « Livin' The Life » est un morceau glam rock par excellence : un vocal théâtralisé et provocateur, les guitares qui en font autant, un refrain digne d'une mise-en-scène, un mini-spectacle en somme, du début jusqu'à la fin, qui semble représenter le groupe.
« Invincible » est un album hors-normes, qui sait rapprocher le rock très classique des années 1970-1980 des performances carrément glam rock, un retour post-apocalyptique et parfaitement moderne du groupe australien à écouter sans modération ».