Avec un Mike Portnoy accaparé par ses nombreux combos (retour chez Dream Theater, The Winery Dogs avec le bassiste Billy Sheehan, etc.) et un Jeff Scott Soto, lui-même bien occupé, qui laisse entendre « qu’il n’y aura pas de suite », la sortie d’un troisième effort studio pour Sons of Apollo parait de moins en moins probable.
Voyant le temps passé, le claviériste Derek Sherinian et le guitariste Ron « Bumblefoot » Thal, les deux autres membres dudit quintette All-Star band, ont donc décidé de lancer un nouveau projet nommé Whom Gods Destroy. Pour les accompagner, ce tandem de compositeurs a recruté le chanteur croate Dino Jelusick (Whitesnake, Animal Drive, Dirty Shirley, carrière solo), le praticien de la six et quatre cordes Yas Nomura (The Resonance Project) ainsi que le batteur Bruno Valverde (Angra).
Pour leur premier méfait, et sans trop de surprises, les cinq musiciens évoluent dans le registre Metal Progressif. Ce « Insanium » (NdT : « Folie » en latin) reprend les grands principes du genre et déjà à l’œuvre avec les Fils d’Apollon. Les interactions entre les instrumentistes sont nombreuses. La basse fusionne avec la batterie ('In the Name of War'). Les synthés rivalisent ou partages avec les guitares ('Crawl').
Il y a évidemment beaucoup de plans « complexes » et d’idées « techniques » ('Over Again'). La paire Sherinian / « Bumblefoot » est impressionnante de maitrise tout comme l’association du virtuose de la gratte/basse japonais avec le frappeur brésilien qui n’est pas en reste. Tout ce petit monde a maintes occasions de s’exprimer et de s’illustrer (l’instrumental totalement fou 'Hypernova 158', le mélodique et groovy 'Keeper of the Gate').
Hormis la power-ballad qui calme un peu le jeu ('Find My Way Back'), les autres titres sont dynamiques (le percutant 'Crucifier'). Entre les changements de rythmes, de notes et de tonalités en veux-tu en voilà (la piste éponyme) et les interventions de dingues en pagaille (l'épilogue bonus 'Requiem'), l’album et le supergroupe ne laissent que de rares répit à l'auditeur pour respirer. Cela étant dit, malgré ce contenu foisonnant et la présence de certaines pistes plutôt longues (quatre dépassent les six minutes), on ne se lasse pas. Dans ce tourbillon, Dino développe son plein potentiel vocal entre chant clair (le djent-prog 'The Decision' et ses belles harmonies) et passages plus rauques.
« Insanium » est un premier essai des plus réussi pour Whom Gods Destroy. Voilà des débuts prometteurs qui annoncent une suite prochaine pour laquelle tous les protagonistes apporteront leurs concours (c’est du moins ce qui est laissé entendre). Belle promesse.