"Infinite Reminiscence" est une déclaration d'intention convaincante qui aurait été parfaite avec un parti pris plus franc du côté de la production musicale.
DVRK est un quintet français créé en 2019 comme un projet solo. Il rassemble Peter Morgan (chant), Bastien Deleule et Gérald Audiard (guitares), Fabien Letren (basse), et Vincent Vidal (batterie) dans un univers musical qui mêle Deathcore et Nu Metal. On sait déjà que leur premier EP, « Infinite Reminiscence », parle d’addiction, de dépression et de perte, mais que nous dit-il d’autre sur le groupe ?
Dans toute œuvre, mais encore plus sur un format court comme un EP, on s’attend à ce que l’introduction et la conclusion soient particulièrement soignées. Si c’est bien le cas de ‘F.A.M.’ qui marque la fin de cet opus de manière efficace, c’est un peu plus compliqué pour ‘Distant Roads’ qui ouvre « Infinite Reminiscence ». Et les problèmes commencent dès la première seconde puisque le son électronique qui doit plonger l’auditeur dans l’histoire que nous raconte le groupe et lui donner envie de le suivre fait vraiment cheap… Rien à dire du côté de la présence vocale de Peter Morgan et des riffs de guitare de Bastien Deleule et Gérald Audiard, mais la batterie sonne bizarrement au point qu’on en oublierait presque les bons côtés de ce titre ; dommage !
Vous vous en rendrez compte au fur et à mesure de votre écoute, que ce soit du côté du Deathcore ou du Nu Metal (un peu moins présent toutefois que la première influence), les membres de DVRK maîtrisent leur sujet, et on peut se douter que Lorne Shore figure en bonne place parmi les groupes qu’ils écoutent. Il faut également souligner qu’ils ont fait du bon travail en nous proposant un premier EP nuancé plutôt qu’une création monolithique qui aurait eu pour objectif de nous matraquer d’aperçus de leur univers ; il s’agit ici plutôt d’une démonstration qui se veut une invitation à ce qu’on suive leur parcours sur le plus long-terme, un choix qui paie.
Plus concrètement, s’enchaînent ‘Breathless’, ‘Paco’ et ‘Colors’. Le premier est une belle réussite qui doit avoir un certain succès en live avec sa rythmique entraînante et ses sons organiques. On retrouvera d’ailleurs cette logique avec l’explosive ‘Colors’. Mais c’est indéniablement ‘Paco’ qui sort du lot grâce à sa sobriété. Le riff de guitare est presque Melodeath, les orchestrations prennent plus d’ampleur, et la superposition des voix donne un bel effet fantomatique. On peut regrette que la basse soit aussi baveuse alors qu’on la voudrait aussi aiguisée qu’une lame de rasoir mais tant pis…
Ce premier EP est donc une découverte intéressante qui laisse présager des réalisations futures sur lesquelles on voudra garder une oreille. Il est encore trop tôt pour se faire une idée complète de l’univers de DVRK mais cette première déclaration d’intention est convaincante, à l’exception du mixage qui, dans l’ensemble, est plutôt inégal et manque de parti pris. En bref, on aurait souhaité que le groupe soit aussi sûr de sa production audio qu’il l’est de ses composition !