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Incoming Death

ANIBAL BERITH
Journaliste

Asphyx

Malgré une carrière bancale, le quartet hollandais revient avec autant de fougue et d’inspiration qu'il y a 25 ans ! Très certainement un des albums incontournables de death old school de l’année !
11 titres
Death/Doom Metal
Durée : 47
Sorti le 30/09/2016
7838 vues
Avec une carrière en dents de scie, les hollandais Asphyx reviennent sur le devant de la scène death old school avec un neuvième album, « Incoming Death ». Le chef d’orchestre est toujours incarné par l’intarissable Marc Van Drunen, accompagné de Paul Bayeens à la guitare depuis 2007, d’Alwin Zuur à la basse depuis 2010 et plus récemment de Stefan Hüskens à la batterie.

L’attente fut certes longue depuis le dernier méfait du quartet « Deathhammer », mais plus c’est long, plus c’est bon dit-on….et bien oui, « Incoming Death » est un excellent cru ! 11 titres sur un peu plus de ¾ d’heure, un timing idéal pour cette galette que l’on ne peut s’empêcher d’écouter en boucle.

Chaque titre est unique proposant un univers varié à la touche death old school omniprésente. Les hollandais ont de la bouteille et ça se ressent tout au long de l’album avec des titres très directs et efficaces tels que ‘Candiru’, ‘The Feeder’ sur lequel des plans plus doom s’imposent, le titre éponyme qui en moins de 2 minutes met une branlée sévère à l’auditeur ; et ‘Forerunners Of The Apocalypse’ qui bien que plus gras, offre un rythme soutenu et volumineux. Les riffs sont précis et incisifs, les blasts rythmés sans pour autant être « blast beaté » et le chant de Mark est tout simplement remarquable. Un growl très spécifique se rapprochant de celui de John Tardy en moins affreux cependant.

Le reste de l’album est globalement plus lourd et sombre avec des titres clairement doom comme ‘Wardroid ‘ et ses riffs puissants et gras, bien dégoulinants sur fond de mélodie sombre et dissonante. ‘The Grand Denial’ tout aussi pesant et dont l’atmosphère est plus macabre et bien qu’ à mi-parcours, le rythme se densifie, l’ambiance finale sera glaciale. ‘Subterra Incognita’ est quant à lui plus torturé tandis que le dernier titre de l’œuvre ‘Death : The Only Immortal ‘, est clairement noir et glauque. Le son des guitares est énorme, gras à souhait, ça vibre, ça déchire. La basse est tout aussi grasse conférant ainsi un ensemble sordide. Plus de 8 minutes de musique torturée sur laquelle Mark intensifie son growl vers quelque chose de plus ténébreux donnant au titre une ambiance se rapprochant du black metal.

Les titres restants ont un univers plus léger et moins caractéristiques que ceux que nous avons évoqué jusque là comme le volumineux ‘Division Brandenburg’ aux riffs rappelant bizarrement ceux de ‘Wherever I may Roam’ du Black Album de Metallica. Le death old school ‘It Came From The Skies’avec sa touche US à la Malevolent Creation voire Obituary, enfin le tout aussi old school ‘Wildland Fire’ dans un registre plus classique et pourtant brutal dans sa seconde moitié.

Asphyx revient en forme avec un album tout aussi bon que « The Rack » ou « Last One On Earth » ; ça fait plaisir que malgré une carrière bancale, le quartet hollandais revienne avec autant de fougue et d’inspiration. Très certainement un des albums incontournables de death old scool de l’année.

Anibal Berith