Black Sites nous arrive tout droit de Chicago. Nous retrouvons Mark Sugar (chant/guitare) et Ryan Bruchert (guitare) après le split de leur ancien groupe Trials ainsi que le batteur Chris Avgerin et le bassiste John Picillo. Ce super groupe de la scène underground puise son inspiration chez Black Sabbath, Judas Priest, Iron Maiden, VoiVod, Dawnbringer et bien d'autres allant du hard rock le plus classique au modern metal actuel. Les démos sont enregistrées par Avgerin et Sugar uniquement, John les rejoindra pour l'enregistrement de l'album au Gunpoint Recording Studio avec Quentin Poynter (The Skull) à la technique. Malheureusement Ryan ne rejoindra le groupe que par après en tant que guitariste live.
La production se veut puissante mais axée année 70' dans l'esprit, ce qui convient comme un gant aux compositions du groupe assez variées et progressives où l'influence d'un King Diamond, Paradise Lost où encore Motorhead se font sentir. Sugar utilise assez souvent la voix claire, parfois doublée mais n'hésite jamais à coller du guttural dès que celui-ci apporte quelque chose au morceau.
« M Fisto Waltz » est le nom donné à cette superbe intro d'une minute que l'on aurait aimé entendre plus longuement. Directement lié survient alors « Dead Languages ». Un goût 70' pour le chant, de supers enchaînements de guitares, des arrêts brusques, cassures bien placées pour amener d'autres ambiances dans ce morceau aux refrains lugubres contrastant avec l'ensemble. Une bien belle entrée en matière qui donne l'espoir d'une découverte importante avec Black Sites !
« Monochrome » poursuit le voyage avec encore un grand nombre de variations. Titre progressif mais accessible à tous. De superbes lignes de basse sur un travail de batterie on ne peut plus complet. Tout le groupe assure et nous embarque facilement sur leur navire pour traverser cet océan musical. C'est un plus speedé « Burning Away The Day » qui poursuit la route tracée en empruntant plus au metal classique des 70'. Doté d'un solo rappelant les Eagles, (oui vous avez bien lu), le titre permet à l'album de s'aérer avant même d'en être à sa moitié. Et encore, on ne vous parle pas du final à la Voivod.
C'est sur deux minutes de douceur que commence « Hunter Gatherer » pour se diriger ensuite sur un metal plus soutenu mélangeant allègrement Black Sabbath et Thin Lizzy. La croisade se suit mais ne se ressemble pas, « Watching You Fall » fait des clins d'oeil au Paradise Lost de la grande époque. Le morceau n'hésite pas à monter et descendre par demi-ton sur des répétitions de notes bien prenantes aux tripes.
« Locked Out-Shut Down » avec sa brutalité mélangée aux passages mélodiques nous plonge dans un gouffre plus dépressif. Des screams bien foutus, un chant clair accrocheur et une rapidité musicale impeccable pour les refrains et pré-refrains. Nous nous rendons dans les bois pour la suite du périple. « In The Woods » est le titre le plus long de l'opus avec plus de huit minutes que l'on ne voit pas passer. Allant du calme à la puissance par à-coup avec un chant somptueux qui fleure bon le vieux rock sur une musique séductrice. L'album se referme en douceur sur « The Tides », titre acoustique sur les 2/3 de sa longueur qui se termine en électrique avec des phrasés de guitares rappelant les premier titres du disque. Une belle manière de refermer le chapitre, nous laissant espérer qu'il y en aura de nombreux autres qui suivront.
Inutile de préciser que nous sommes sous le charme de ce nouveau groupe qui a déjà tout d'un grand. Les musiciens ont roulés leurs bosses quelques années avant d'en arriver là et ça s'entend. Que ce soit techniquement où au niveau composition, il va falloir compter sur eux dans les années à venir si le groupe reçoit le soutien nécessaire.
Cette nouvelle année a déjà révélé quelques grands albums et il ne fait aucun doute que celui-ci rejoint d'emblée la liste. A conseiller sans modération !