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In a mirror darkly

United Rock Nations

Mekong Delta

7 titres
Thrash
Durée : 46
Sorti le 29/04/2014
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A chacune de ses productions, Mekong Delta confirme son singulier talent à dérouter l'auditeur « mainstream ». Et comme le groupe, qui sévit depuis près de 30 ans, nous gratifie, depuis une interruption d'une petite décennie jusqu'en 2005, avec une régularité métronomique, d'une nouvelle oeuvre tous les 2 ou 3 ans, revoici l'occasion d'éprouver ce délicat inconfort.

L'existence même de Mekong Delta en tant que groupe semble assez conceptuelle, puisqu'il s'agit davantage du projet du bassiste allemand Ralf Hubert, pourtant également connu pour être l'ingénieur du son de groupes comme Warlock. Néanmoins, et comme de tradition avec Mekong, n'espérez aucune structure connue de type couplet / pont / refrain. Oh, bien sûr, l'oreille des musiciens sera certes agréablement titillée par les progressions chromatiques et la vitesse d'exécution, de même que par certaines rythmiques à contre-temps, l'influence de la musique classique et la virtuosité de certains riffs ! Cependant, le grand public sera vite lassé par ce qui ne semble être, justement, qu'une succession de riffs, plans, séquences et mélodies, sans grand lien les uns avec les autres.

Plus grave, l'acharnement à multiplier les changements de tonalités au sein d'un même morceau (« The Silver in God's Eye ») ou à expérimenter les dissonances entre chant et instruments (« Armageddon Machine »), fait immanquablement naître le soupçon : l'ami Ralf ne serait-il qu'un vil snobinard du métal, se complaisant dans sa marque de fabrique du groupe de métal le plus technique certes, mais aussi le plus alambiqué et le plus abscons ?...

Le doute est bel et bien permis : les 7 titres (dont deux instrumentaux), qui évidemment flirtent chacun allègrement avec les 6 à 7 minutes, font la part belle à l'expérimentation, celle-ci imprégnant même les lignes mélodiques (« Hindsight Bias »). Les textes et titres, pour autant qu'on puisse en juger, flirtent avec le pseudo-intello : mention spéciale au titre « Inside the outside of the Inside » (Mdr comme on dit aujourd'hui !)

Bref, à l'écoute de ce « In a Mirror Darkly », le hardos moyen expérimentera donc une fois de plus les affres de l'amateur de napperons brodés projeté par erreur dans une exposition de peinture abstraite !

Les fans de Mekong Delta, eux, continueront évidemment, avec le brin de suffisance des incompris, à crier au génie......rien de nouveau sous le soleil !