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Imploder

Enora
Journaliste

Rage of Light

« Imploder », un album qui laisse présager un futur plus que radieux à Rage Of Light qui dévoile une identité complexe et un talent à l'état brut
11 titres
Electronic Groove Metal
Durée : 56
Sorti le 29/03/2019
7417 vues

Rage Of Light est un trio suisse formé en 2007 par Jonathan Pellet (claviers, batterie), Noé Schüpbach (guitare, basse) et Melissa Bonny (chant). « Chasing a Reflection » (2016) a été leur premier EP et a lancé une longue série de singles entre 2017 et 2018 avant que le groupe ne s'enferme en studio pour donner vie à « Imploder », leur premier album dont ils n'ont pas à rougir !

Est-ce une impression ou de plus en plus de groupes décident-ils en effet d'organiser leurs albums à la manière d'un roman, avec un soin particulier apporté au fait d'avoir une introduction en bonne et due forme ? En tous cas, Rage Of Light instaure un climat étrange et presque SF avec ‘Light'. Sans transition, voici ‘Enraged', annoncé par un clavier triomphant et rapidement agrémenté d'une ligne de guitare et basse lourde mais qui reste simple. Les amateurs d'Oceans Of Slumber seront sans aucun doute séduits par le timbre de Melissa Bonny qui jongle entre médiums et aigus, avec quelques passages de scream. Après ce morceau en suspension, Rage Of Light emporte l'auditeur dans quelque chose de plus brut et presque industriel avec ‘Fallen'. Une grande douceur empruntant presque à du Symphonic Power Metal contraste avec des passages abrasifs, plus proches du Death ; le tout fait avec sincérité. ‘I Can, I Will', vous n'aurez pas besoin de plus pour commencer à agiter furieusement la tête sur ce morceau qui a toutes ses chances de convaincre en live ! Ce qui se dégage pour le moment de cet album, c'est un manque de raffinement qui s'explique probablement par la jeunesse du groupe mais que l'on pardonne aisément devant beaucoup de créativité et un talent certain.

En comparaison de cette excellente entrée en matière, ‘Away With You' semble être un titre faible de cet album. On passera sur les facilités que le groupe multiplie sur cette composition, trop inégale et dispersée. Après une introduction d'un peu plus d'une minute sur ‘In The Shadow', la voix de la chanteuse s'élève, majestueuse et confiante, sur une ligne instrumentale plus sobre et stellaire, extrêmement réussie. Noé Schüpbach et Jonathan Pellet, aux instruments, prouvent qu'ils savent faire dans la nuance sans déroger à l'identité du groupe. On ne l'a pas encore mentionné clairement mais la batterie fait des merveilles depuis le début d'album, et ce n'est pas avec ‘Battlefront' qu'on va changer d'avis, d'autant plus que le groupe a eu l'excellente idée d'ajouter du violoncelle sur ce titre. Suivant l'adage, les opposés s'attirent, et c'est bien sur ce concept que repose l'entité Rage Of Light, jouant des contraires en permanence pour proposer des morceaux riches et qui évoluent sous nos yeux, transportant les auditeurs dans des univers parfois à des années lumières les uns des autres.

Le titre éponyme se révèle extrêmement déroutant. Entre futurisme robotique et glacial, ambiance old-school de films de Sci-Fi, clavier Power Metal, basse groove et autres, on doit avouer ne pas trop savoir où le groupe veut nous mener avec ce titre instrumental, mais l'expérience est intéressante. Les sept minutes de ‘Mechanicals' dépassent le cadre simple de la musique tant l'auditeur est transporté dans une histoire complète, un récit intense et puissant qui séduit par son audace, Rage Of Light se servant de la fougue de sa jeunesse pour tout se permettre avec l'ambition des plus grands. ‘Nothingness' marque le retour du violoncelle qui semble par moment être le prolongement de la voix tant ils s'entremêlent et se répondent dans un jeu rêveur et délicat. Si on pouvait reprocher au groupe le côté un peu trop brut de sa musique par moment, ce titre surprend par sa maturité et la maîtrise de son exécution. Les fans d'Amon Amarth ne s'y attendaient sans doute pas mais le groupe suisse propose une cover de ‘Twilight Of The Thunder Gods' en conclusion de cet album.

« Imploder » est un album qui laisse présager un futur plus que radieux à Rage Of Light qui dévoile une identité complexe et un talent à l'état brut qui a quelque chose de rafraîchissant dans une industrie musicale de plus en plus formatée et monolithique ! On ne peut que suivre la carrière du trio avec une attention toute particulière tant on a la certitude qu'on entendra à nouveau parler d'eux très prochainement.