Séquence coup de pouce à l’underground français, épisode deux. Après les Bordelais de Fall Of Seraphs l’année dernière, place ce mois-ci aux Parisiens de Leivato, dont le nouveau long, ''Illusory Nocturnal Captivity'', vient de paraitre. Formé en 2014, le quatuor propose un metal extrême teinté de touches progressives et jazzy. Si le death prévalait sur l’album précédent, ce nouvel opus s’oriente vers un black aux sonorités viking/pagan.
'Healing Croaks' entame les hostilités via un growl d’outre-tombe et un riffing syncopé. La vitesse laisse bientôt place à un mid-tempo aux guitares harmonisées, où s’invitent des parties en son clair. Le chant extrêmement guttural de Clément (qui siérait parfaitement à un combo de brutal death), peut surprendre, mais au fil des écoutes, on s’aperçoit qu’il apporte un contrepoint intéressant à la musique du combo. Cela se vérifie sur le morceau-titre, mélopée mélodico-atmosphérique où les tremolo le disputent aux arpèges cristallins.
L’ombre d’Enslaved plane sur 'Oblivion' (doté d’un joli final au piano), 'Fragments Of Nothingness' et 'Lamentations of the Intoxicated Soul'.
On sent que le groupe a progressé en termes de composition. Les structures complexes des pistes ne font plus ressentir certaines longueurs perceptibles sur ''Plenitude On The Other Side'', les changements de tempi sont plus fluides, les parties en son clair s’intègrent mieux et font respirer les morceaux. Ces derniers sont d’ailleurs mis en valeur par une production puissante et claire, qui faisait largement défaut auparavant.
Si les guitares sont à l’honneur, la section rythmique n’est pas en reste, en attestent ces lignes de basse (jouées sur une six-cordes !), rappelant parfois le Steve Harris des mid-80s. La batterie, légèrement sous-mixée, propose des patterns variés, incluant les blasts sur plusieurs titres.
Ayant pu assister à une récente prestation live du quartette, il s’avère que le nouveau matériel passe très bien l’épreuve de la scène et s’intègre parfaitement à l’ancien répertoire de la bande. La scène française n’en finit plus de nous surprendre, pourvu que ça dure.