HOLLYWOOD UNDEAD
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Hip Hop Metal

Hotel Kalifornia
Enora
Journaliste

HOLLYWOOD UNDEAD

« "Hotel Kalifornia" est un album en demi-teinte tant certains morceaux sont décevants de paresse alors que d'autres témoignent d'une véritable volonté de composer des titres évocateurs ! »

14 titres
Hip Hop Metal
Durée: 43 mn
Sortie le 12/08/2022
342 vues
BMG (R)

Formé en 2005 et originaire de Californie, Hollywood Undead est un groupe qui s'est rapidement affirmé entre Rap, Metalcore, Rock Alternatif et Nu Metal. La formation compte déjà sept albums : "Swan Songs" (2008), "American Tragedy" (2011), "Notes from the Underground" (2013), "Day of the Dead" (2015), "Five" (2017), "New Empire, Vol. 1" (2020) et "New Empire, Vol. 2" (2020). C'est donc leur huitième création qui nous intéresse aujourd'hui !

Hollywood Undead commence très fort avec 'Chaos', une entrée en matière bien nommée puisque le morceau alterne entre couplets au ton agressif et un refrain mélodique et qui rentre facilement en tête ; le groupe reste fidèle à ce qu'on connait de lui mais la recette semble toujours prendre. Les choses se calment un peu sur 'World War Me' qui emporte facilement l'auditeur grâce au flow des couplets sur lesquels on peut reconnaître distinctement les voix des chanteurs, mais contrairement au titre précédent, le refrain déçoit par sa trop grande simplicité. 'Ruin My Life' fait la part belle aux claviers de Jorel « J-Dog " Decker mais le côté très teenager party de la chanson peut rebuter tant elle reprend des standards du genre sans rien proposer de plus.

Après cette déception, le groupe nous propose l'entraînante 'Hourglass' et ses riffs de guitares dansants. Sans être en accord avec l'ensemble des choix musicaux de ce début d'album, il faut au moins reconnaître que Hollywood Undead incarne à chaque morceau des émotions différentes et s'engage pleinement dans sa performance. Il n'y a pas trop de mystère autour de 'Go To War' qui affirme sa vocation dès son titre : il s'agit d'un hymne de live, d'un morceau simple mais dynamique qui doit permettre de fédérer une foule et de l'entendre crier. De ce point de vue là, mission réussie ; pour l'innovation, on repassera. Si 'Alone At The Top' a également des airs de musique pour adolescents et joue de tous les codes du Metalcore un peu fleurs bleues, l'honnêteté qui y transparaît (en particulier dans les paroles) reste touchante.

Certains titres ont juste ce qu'il faut pour fonctionner, hors de tout argument rationnel, et c'est le cas de 'Wild In These Streets' qui vous fera sans doute agiter la tête en rythme en quelques secondes sans même que vous vous en rendiez compte. Et finalement, est-ce que ce n'est pas à ça que doit servir la musique avant tout : susciter une envie de bouger viscérale et inexpliquée à laquelle on s'abandonne avant délice ? On ne s'attarde en revanche pas sur 'Dangerous', un morceau plutôt brut qui donne l'impression que le groupe répète la même formule en boucle... Alors qu'on finit de se faire cette réflexion, 'Lion Eyes' arrive avec un timing parfait pour nous rappeler qu'Hollywood Undead est aussi un groupe qu'on aime tant parce qu'ils savent nous prendre au dépourvu, et c'est bien le cas ici avec une ambiance qui ferait presque penser à du Tim Burton !

Sans être transcendant, 'Trap God' a le mérite de conjuguer flow, rythmique dansante, ligne mélodique simple mais efficace, refrain entêtant, alors on se laisse porter sans pour autant se laisser convaincre. Le charme de 'Happy When I Die' vient de sa nonchalance ainsi que de la place plus importante faite à la basse grâce à une ligne instrumentale relativement minimaliste, à l'inverse de 'Reclaim' qui sonne presque comme une copie de 'Chaos', 'Hourglass' ou 'Dangerous'... 'City Of The Dead' est un poil plus original mais c'est cette fois-ci le manque de conviction du groupe qui empêche de se laisser prendre au jeu. Il faut cependant souligner le beau travail réalisé sur 'Alright', une chanson aussi efficace qu'engagée qui nous rassure sur la capacité du groupe à proposer des pépites.

"Hotel Kalifornia" est un album en demi-teinte tant certains morceaux sont décevants et donnent l'impression qu'Hollywood Undead se contente de répéter encore et encore la même formule en sachant très bien qu'elle fonctionne (mais la paresse finit souvent par aller de pair avec l'échec) alors que d'autres témoignent d'une véritable volonté d'innover et de composer des titres évocateurs et à l'identité affirmée. Si les amateurs du groupe y trouveront sans doute de quoi se satisfaire, les simples curieux pourraient utiliser cet album comme un prétexte à mettre Hollywood Undead de côté un peu trop vite.