Mystic Circle signe avec "Hexenbrand 1486" un album de Black métal tellement bien produit qu’on se surprend à se demander : et si Satan avait enfin trouvé son ingénieur du son ?
C’est le genre d’album qu’on écoute à trois heures du matin, une bière tiède à la main, la fenêtre ouverte sur la nuit noire. Le genre de disque qui te fait regretter de ne pas avoir vendu ton âme plus tôt. Mystic Circle signe avec "Hexenbrand 1486" un album de Black métal tellement bien produit qu’on se surprend à se demander : et si Satan avait enfin trouvé son ingénieur du son ? Dès les premières secondes, ça gronde, ça respire, ça brûle. Le duo allemand recrée ici l’Europe du XVe siècle : celle des bûchers, des forêts hantées, et des prêtres hystériques qui voient le Diable partout (sauf dans leur lit). Les orchestrations, somptueuses, installent une ambiance de presque cinématographique, on se croirait dans un mix improbable entre Conan le Barbare et Le Nom de la Rose, passé à la moulinette d’un studio nordique. La production est parfaite : chaque frappe de batterie claque comme une exécution publique. Le batteur joue comme s’il avait un démon au fond du bras droit. Et la guitare ? Elle propose des solos techniques, brillants, presque provocants. Dans un monde où le Black se contente souvent de saturer l’air, Mystic Circle ose encore jouer.
Le chant est maîtrisé, rugueux, sans fioritures, plus proche de l’incantation que du cri. On ne sait jamais si c’est un sorcier qui maudit son époque ou un curé en pleine crise de foi. Et puis il y a ces synthés, ces touches d’orchestre : ils ne décorent pas, ils racontent. On traverse des couloirs de pierre, des forêts médiévales, des cachots où des femmes brûlent pour avoir cueilli la mauvaise fleur. Ferme les yeux pendant "Boogeyman", son intro au synthé est un pur moment de sorcellerie. Tu y es. Tu sens la brume. Tu entends les sabots du Diable.
L’album se clôt sur "Zeugnis der Verachtung", où piano et claviers s’emmêlent dans une mélancolie presque romantique. Comme si, après avoir brûlé toutes les sorcières, Mystic Circle s’était soudain souvenu qu’elles étaient les seules à savoir aimer. "Hexenbrand 1486" c’est du Black métal avec du style et une pincée de théâtre. On ne sait pas si c’est du blasphème ou de la poésie, mais on en redemande. C’est le genre d’album qui te fait croire que le mal a encore de la gueule.
Alors mets ton casque, allume une bougie, ferme la porte... Et laisse Mystic Circle te rappeler qu’en 2025, le Black le plus brûlant parle encore latin.