Hellbutcher, vieux briscard de la scène extrême suédoise, s’est essentiellement fait connaitre via Nifelheim, formation black/thrash formée en 1990 avec son frère Tyrant. Suite à la mise en sommeil provisoire du groupe, le Boucher de l’Enfer est parti pousser la chansonnette sur le dernier Friends of Hell, combo de heavy doom aux sonorités typées années 80. Très inspiré par cette glorieuse décennie, Hellbutcher nous revient aujourd’hui avec un projet solo éponyme. Le gaillard s’est pour l’occasion entouré de musiciens aguerris, dont l’ex-batteur d’Opeth, qui officie ici sous le pseudonyme de Devastator.
Riff d’intro heavy vite balayé par une cavalcade thrash de rigueur, 'The Sword Of Wrath' envoie du bois et donne le ton d’un album axé autour de tempi rapides et d’un chant rauque qui évoque le Mille Petrozza de ''Terrible Certainty'' et Quorthon période ''Under The Sign of The Black Mark''. Bienvenue en 1987.
Cette impression se vérifie sur 'Perdition', qui renvoie au Kreator des débuts, et 'Possessed By The Devil’s Flames', qui combine les ADN d’Accept et Sodom, hommage à l’âge d’or du metal teuton.
'Inferno’s Rage' s’avère une speederie thrashisante gavée de double grosse caisse et de soli endiablés, qui risque de secouer en live.
Sur 'Death’s Rider', le quatuor se la joue rock’n roll avec un délicieux arrière-gout de Motörhead, solo à la Fast Eddie Clark inclus. Les guitares sont d’ailleurs le gros point fort de cette cuvée 2024 (qui culmine à 33 minutes, comme à l’ancienne), le six-cordiste Necrophiliac décochant riffs de tueurs et soli inspirés ('Violent Destruction'). Riches en notes mais jamais démonstratifs, ces derniers sont d’une grande fluidité et servent des compositions efficaces qui ne demandent qu’à être portées sur scène.
Parfaite synthèse de Nifelheim et Friends Of Hell, Hellbutcher parvient ici à combiner le meilleur des scènes metal de la fin des années 80, pour un trip nostalgique des plus sympathiques.