Dès Ad Arma, les Allemands posent une ambiance quasi liturgique, sombre, majestueuse. Puis War Is The Father Of All déboule, sept minutes de puissance brute : riffs écrasants, chœurs ukrainiens, orchestrations cinématographiques. C’est grand, c’est massif, et ça sonne comme une déclaration de guerre.
Le groupe balance toujours ses salves de metalcore furieux (My Revocation Of Compliance, Those Left Behind) mais sait lever le pied pour injecter de l’émotion pure. A Silent Guard en est la preuve : une ballade déchirante, sans fioritures, qui serre la gorge et qui rappelle que Heaven Shall Burn n’a jamais été qu’un rouleau compresseur.
On sent la maturité dans l’écriture : pas de double-album fleuve cette fois, mais un disque resserré, cohérent, qui va droit au but. Chaque titre a son rôle, son impact. Les orchestrations ne noient pas le propos, elles le renforcent. Les blasts, eux, restent sans pitié.
Marcus Bischoff est au sommet vocal : féroce, habité, avec une palette d’émotions plus large que jamais. Les guitares tranchent net, la section rythmique pilonne, mais ce qui frappe surtout, c’est cette capacité à jongler entre chaos et clarté. Heaven Shall Burn n’a jamais sonné aussi massif et maîtrisé à la fois.
Heimat est un album coup de poing, à la fois personnel et universel. Un disque qui parle de racines, d’engagement, de résistance — mais sans jamais se perdre dans les clichés. C’est puissant, sincère, parfois bouleversant. Heaven Shall Burn signe ici un retour éclatant, et peut-être leur œuvre la plus aboutie depuis une décennie.
Tracklist :
01-Ad Arma
02-War Is the Father of All
03-My Revocation of Compliance
04-Confounder
05-Empowerment
06-A Whisper from Above
07-Imminence
08-Those Left Behind
09-Ten Days in May
10-Numbered Days (feat. Jesse Leach of Killswitch Engage)
11-Dora
12-A Silent Guard
13-Inter Arma
Line-Up:
Marcus Bischoff – chant
Maik Weichert – guitare
Alexander Dietz – guitare
Eric Bischoff – basse
Christian Bass – batterie