Callejon est un groupe allemand de Metalcore dont le nom vous a peut être échappé jusqu'à maintenant mais qui sera à tout jamais gravé dans votre esprit après avoir lu cette chronique et écouter « Hartgeld Im Club », le huitième album du groupe qui nous emmène toujours plus loin dans la folie !
Le moins qu'on puisse dire c'est que Callejon démarre au quart de tour avec un Metalcore dopé l'Electro, le tout en allemand. ‘Von Party zu Party' pose immédiatement le cadre de l'album avec une ambiance qui n'est pas sans rappeler la vague Metalcore qui suit la lignée des derniers albums de Crossfaith avec un vrai accent mis sur le côté presque musique de boîte de la musique. Finalement, le R&B et la Pop servent le Metalcore, voyons cependant si ça tient la distance. Changement radical de style avec ‘Schlechtes Vorbild' dans une veine Punk/Pop-Rock effrénée rafraîchissante sans être transcendante. Malheureusement, ‘Kids (2 Finger an den Kopf)' ne sauvera pas l'album tant Callejon nous propose un Metalcore basique avec toutes les facilités dont on a pu se lasser au fils des ans. Si le morceau penche presque du côté de ce que les jeunes Dropout Kings peuvent proposer, les Allemands sont très loin de les égaler. Le groupe semble traverser toutes les tendances du Metalcore, un manque de stabilité qui peut surprendre pour le huitième album, et ce n'est pas avec la calme ‘Palmen aus Plastik' qu'on va dire le contraire. Alors que les guitares de Bernhard Horn et Christoph « Kotsche » Koterzina semblent entraîner l'auditeur vers de la Pop-Punk, la voix de BastiBasti joue beaucoup plus avec des effets US Metal.
Le moins qu'on puisse dire c'est que le groupe est clivant, à l'image du titre ‘Was du Liebe nennst' qu'on peut adorer pour son esprit jeune qui rappelle des groupes comme Wilson par certains aspects ou détester pour son côté Pop édulcoré et cliché, à vous de vous faire un avis ! Même en étant fan de Metalcore et en sachant ce que ça peut recouvrir, il est dur de ne pas partir en courant devant les claviers qui ouvrent ‘Willst du', et malgré une ligne de basse plutôt prometteuse signée Thorsten Becker et quelques breaks agressifs, le résultat est plus que douteux. On peut l'avouer, il ne manquait plus que ‘Arbeit nervt' pour avoir la preuve que si Trollfest et Rammstein avait un fils coreux, ce serait sûrement Callejon ! Le bon côté c'est qu'une telle ascendance ne peut que produire quelque chose de grandiose (mais aussi d'un peu dérangé), et c'est sans doute ce qui surprend avec « Hartgelf Im Club » qui ne peut laisser personne indifférent mais provoque au contraire les réactions les plus vives, autant positives que négatives. Les amateurs de compositions plus classiques verront sans aucun doute d'un très bon oeil ‘Urlaub fürs Gehirn', un titre bien plus sobre.
Le constat est le même pour ‘So perfekt' au point qu'on se demande presque si ce n'est pas un autre groupe que Callejon qu'on entend. La chanson permet de mettre en avant le Metalcore plus traditionnel du groupe qui en maîtrise décidément toutes les ficelles mais qui a peut être effrayé certains auditeurs avec les chansons précédentes. Le groupe a visiblement décidé de donner dans la mesure et la nuance (même si ça reste relatif, la différence avec ‘Willst du' ou encore ‘Palmen aus Plastik' est notable), ce dont témoigne ‘Bros' qui donne vraiment envie d'en entendre davantage puisque les musiciens parviennent à conserver leur folie tout en la domptant. Ce genre de morceau permet également de mieux apprécier le chaos du milieu d'album qui prend son sens avec du recul. On ne peut que saluer l'excellent et plus sombre ‘Ich rolle mit meim Besten', à écouter sans faute ! Et arrive ensuite la chanson éponyme, en featuring avec Antifuchs und Pilz, et qui offre une belle association de screams agressifs, de chant clair mélodieux et de passages Rap. Et on conclue de manière brillante avec ‘Porn From Spain 3' en compagnie de Ice-T et KIZ !
« Hartgeld Im Club », either pure bullshit or pure genius, c'est sans doute le meilleur résumé qu'on peut faire de cet album atypique et explosif qui ne laissera personne de marbre mais divisera sans aucun doute les opinions. Néanmoins donnez absolument une chance à cet album, ne serait-ce que pour la découverte de l'univers de Callejon !