WITHERED
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Black Death Metal

Grief Relic
Anibal BERITH
Journaliste

WITHERED

8 titres
Black Death Metal
Durée: 39 mn
Sortie le 27/05/2016
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Voilà six ans que les américains officiant dans un black/death conceptuel n'avaient rien produit. Dernier album en date 'Dualitas' en 2010 et un changement de line-up majeur pour ce quatrième opus 'Grief Relic' avec deux nouvelles recrues pour remplacer Dylan Kilgore (guitare et chant) et Mike Longoria (Basse) et pas des moindres puisque Withered accueille respectivement, auprès de Mike Thompson (Guitare et Chant) et Beau Brandon (Batterie), Ethan Mc Carthy (Primitive Man) et l'extra-terrestre Colin Marston (Gorguts, Dysrhythmia etc....).

Avec ce dernier méfait, Withered nous emmène dans des contrées conceptuelles où la dissonance est reine et les riffs torturés de main mise! Voici huit titres sur près de quarante minutes qui ne vont pas laisser indemnes les auditeurs. L'ambiance générée ici est suicidaire et mélancolique sur des mélodies variées et lancinantes avec ce côté répétitif qui vous pénètre le cortex et ne vous lâche plus!

Point de violence gratuite, juste des riffs acérés et une alternance de chants torturés oscillant entre le Death et le Black pour inspirer la terreur avec une dose de blast beat même si le mid tempo est de rigueur ici.

Tout démarre avec 'Leathery Rind' au rythme lent et torturé extrêmement dissonant comme l'ensemble de la galette. Le mariage des deux chants offrent une ambiance monstrueuse et glauque avec un faux air de grindcore, sur l'un des derniers plans avant l'outro, inspiré des premières amours de Mike Thompson lorsqu'il a fondé le groupe en 2003 avec Chris Freeman. On retrouvera d'ailleurs cette influence grindcore lors de l'intro très brutale de 'Downward' bien que l'ambiance générale de la galette reprend ses droits après une petite minute pour continuer de vous descendre dans les abysses de la mélancolie.

Ambiance générée dès le second titre 'A Realm of Suffering' qui bien qu'agressif avec quelques plans grind (encore) sur fond de blast beat entre rapidement dans un univers sombre et torturé dont le deuxième tiers du titre me rappelle l'atmosphère du dernier EP de Gorguts, 'Pleiades' Dust' (Colin y serait-il pour quelque chose?).

'Withdraw' démarre par une intro sludge très lourde et grasse puis les riffs se font psychédéliques et aériens le tout avec assez peu de vocalises. Un titre dont très instrumental au final intriguant sur fond de messe à peine audible. 'Feeble Gasp' suit cette démarche avec une intro très lourde et un son vibrant pour laisser place à un plan orienté Black Metal alternant ainsi l'univers sludge et black tout au long des 5'49''. On enchaine avec le complexe et varié 'Husk' clairement Black Metal torturé et montant en puissance au fur et à mesure des secondes. La partie instrumentale est lancinante et offre de la variété tout en respectant le thème mélodique principal pour finir sur fond de blast beat et de lourdeur tabassante avec une basse lourde et dissonante et un growl caverneux et hurlant.

On retrouve cette ambiance sur l'avant dernier titre de la galette 'Distort, Engulf'; c'est lourd , hurlant, glauque et terrorisant! Le mid tempo est accompagné de la double caisse continuant ainsi d'assommer l'auditeur avec en prime un solo dissonant et strident à mi-parcours assez déroutant!

Puis c'est le final avec une composition très différente: 'To Glimpse Godliness' met Colin en exergue avec son intro à la basse procurant un effet aérien voire spatial sur plus d'une minute et demi avant que les growl hurlés ne reprennent possession de l'auditeur et le ramènent dans les ténèbres abyssales. Le titre est très instrumental et sombre avec des riffs lourds et gras. Seule la basse se démarque sur un plan plus atmosphérique bien que globalement le titre reste sombre et dissonant jusqu'à son outro stoppée brutalement!

De nombreuses influences sur ce dernier opus du combo américain pour créer un univers sombre et torturé. Une production de qualité qui permet de mettre en valeur chacun des artistes au talent multiple au service de cette musique dissonante et terrorisante. 'Grief Relic' a cette qualité de pénétrer le cerveau suffisamment profondément pour immerger l'auditeur dans cette ambiance abyssale et de faire en sorte qu'il en redemande!

Anibal Berith.