Jouant un black metal mélodique et orchestral mêlé de heavy metal dans l’esprit des pionniers de Rotting Christ, les grecs de Yoth Iria signent avec « Gone with the devil » un album envoutant et de grande qualité à la gloire de Lucifer.
Formé en 2019 par deux anciens membres de Rotting Christ (à savoir le bassiste Jim Mutilator et le chanteur The Magus), Yoth Iria sort son troisième album studio sur le label Metal Blade Records. Placé sous le signe de la mélodie, « Gone with the devil » est un album de haute volée qui mêle riffs puissants et sonorités folkloriques et méditerranéennes, le tout interprété de manière magistrale.
Dès les premières notes du morceau qui ouvre le bal (« Dare to rebel »), on se retrouve transporté dans un univers magique et fascinant évoquant autant la mythologie grecque que le satanisme le plus fervent. Plutôt mid-tempo, ce titre annonce la couleur (forcément sombre) avec ses mélodies à la gloire de l’ange déchu. Du côté de la voix, on alterne entre chant clair et guttural.
Portant haut les couleurs du black metal, « Woven spells of a demon » a vraiment quelque chose d’ensorcelant. Plutôt mid-tempo, la musique de Yoth Iria représente une alchimie parfaite entre heavy metal, death et black metal, le tout joué avec un sens aigu de la mélodie. En témoigne notamment le magnifique « 3 am » qui est sans doute un des meilleurs morceaux de l’album.
Avec « I totem », le son se fait plus menaçant. Le tempo se fait également plus rapide, dans l’esprit des premiers albums de Rotting Christ. Véritable ode à la gloire des forces du mal, le titre « Give’em my beautiful hell » est d’une beauté troublante. De « One in a blue moon » à « Blessed be he who enters », le black metal hellène de Yoth Iria chante les louanges de Satan.
Plus sombre et agressif, « The end of the known civilization » renoue avec les racines du black metal. Le point final de ce disque, « Harut, government, fallen », est sans doute le moment le plus intense de « Gone with the devil ».
Avec cet album, Yoth Iria prouve qu’il n’est pas qu’une émule de Rotting Christ et démontre également son professionnalisme.