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Golden Wounds

CARMZIOFA
Rédacteur en Chef

Messalina

Ce qui fait la force de ''Golden Wounds'', c'est cet équilibre fragile et jamais rompu entre agressivité et mélodie, entre lourdeur et légèreté. Messalina écrase, puis laisse respirer. Jamais l'un sans l'autre. Un premier essai qui ressemble à un aboutissement.
6 titres
Rock
Durée : 28
Sorti le 22/05/2026
20 vues
NOVA LUX PRODUCTION
Il y a des premiers EP qui cherchent encore leur chemin. Et puis il y a ceux qui arrivent avec une identité déjà gravée dans le métal. ''Golden Wounds'' appartient résolument à la seconde catégorie. Derrière le nom de Messalina — emprunté à Messaline, troisième épouse de l'empereur Claude, aussi redoutable pour sa cruauté que pour ses excès — se cache un quatuor niçois qui n'a rien du groupe naissant. JB Le Bail (chant, guitare) et Rémi Serafino (batterie) officient par ailleurs au sein d'Igorrr et ont navigué dans Svart Crown. Aymen Mahjoubi (guitare, chant) vient des rangs de The Supreme Nightclub et Alexis Fedunizin tient la basse. C'est donc un premier disque de vétérans qui choisissent de repartir à zéro, non par défaut, mais par désir de construire quelque chose qui leur appartienne entièrement.

La production porte une vraie signature : mixée au Studio du Vieux Couvent par Jimbo Goncalves — connu pour son travail avec Igorrr — puis masterisée par Thibault Chaumont au Deviant Lab, qui a croisé le fer avec Carpenter Brut, Health et Ulver, l'EP sonne ample, organique et sombre sans jamais étouffer.

La pièce d'ouverture, 'Golden Wounds', installe immédiatement la couleur : un doom presque languissant dans ses premières mesures, avant que le morceau ne s'ouvre sur quelque chose de plus organique et rock, porté par un chant habité qui oscille entre introspection et violence contenue — des échos de Deftones dans la construction, dans cette façon de laisser l'espace respirer avant de tout faire voler en éclats.

'No Color', avec Tim De Gieter (Doodseskader, ex-Amenra), pousse plus loin encore : le titre installe un rock teinté de shoegaze sombre et étouffant, et la collaboration est d'une justesse remarquable. De Gieter y apporte une dimension plus moderne, presque trap dans sa façon de phraser, qui vient se fondre dans l'esthétique de Messalina sans la diluer. La rencontre entre les deux univers était évidente pour JB, qui l'avait croisé sur la route aux côtés d'Amenra.

'Cold As Before' ralentit délibérément le tempo pour installer une tension oppressante, guitares flottantes et rythmique mécanique, froide, obstinée — presque une pulsation cardiaque qui refuserait de céder. 'Narrow Chase', avec Kabbel, ouvre vers des territoires plus pop sombres sans jamais trahir l'ADN du disque. 'A Cross' est la pépite heavy noirâtre de l'EP, son refrain qui s'accroche malgré lui avec de grosses guitares en fond. Et 'Born Again', avec DOOL en conclusion, ferme le cycle avec une grâce crépusculaire qui rappelle combien les Néerlandais de DOOL savent marier mélancolie et grandeur.

Ce qui fait la force de ''Golden Wounds'', c'est cet équilibre fragile et jamais rompu entre agressivité et mélodie, entre lourdeur et légèreté. Messalina écrase, puis laisse respirer. Jamais l'un sans l'autre. Un premier essai qui ressemble à un aboutissement.