On associe principalement Arjen Lucassen à son combo Ayreon (dix opus studios d’opéra metal commis entre 1995 et 2020). Cela étant dit, en parallèle, l’hyperactif musicien aux nombreuses casquettes (auteur, compositeur, chanteur, multi-instrumentiste) a fondé tous un tas d’autres groupes annexes (Ambeon, Stream Of Passion, Guilt Machine, Star One, The Gentle Storm), tous avec une grosse base de metal progressif.
Présentement, le néerlandais s’en revient sous le blase Arjen Lucassen's Supersonic Revolution. L’affaire a démarrée (en 2022) lorsque le magazine de musique allemand Eclipsed a demandé à notre tête pensante s’il n’avait pas une chanson inédite dans ses tiroirs pour la faire figurer sur une compilation de reprises prévue pour accompagner la sortie (imminente) de leur revue. Un peu dans l’urgence (car n’ayant rien sous le coude), Arjen à contacter quelques potes musicos (le claviériste/ami de longue date Joost van den Broek, le guitariste Timo Somers, le batteur Koen Herfst et le chanteur John Cuijpers). En seulement quelques jours, la clique a réussi à accoucher d’une cover de ZZ Top ('Heard It On The X', incluse en fin de disque). Très satisfait du résultat de cette opération éclair, le natif de Hilversum a décidé de transformer cette association fugace en un véritable projet.
Pour ce premier album, baptisé « Golden Age of Music », le quintette propose un mélange d’inspirations 70’s, d’éléments progressif (on ne se refait pas), de heavy, et de glam rock. Même si l’esprit Seventies plane ici et là, la petite bande n’a pas cherché à sonner exactement comme à cette période (le son est ici résolument moderne).
Musicalement, les renvois à Deep Purple sont nombreux ('The Rise of The Starman' consacré au personnage Ziggy Stardust de David Bowie). L’aura de feu Jon Lord plane avec bienveillance ('They Took Us by Storm'). Entre les mélodies Moog (l’intro ouvreuse 'SR Prelude'), les joutes de guitare vs orgue Hammond (le titre éponyme, 'The Glamattack', 'Fight of the Century'), difficile de ne pas repérer les accointances avec l’ancienne formation de Ritchie Blackmore. Même dans les textes, le Pourpre Profond est là ('Burn It Down'). Cette plage apporte une autre vision de l’immortel hit 'Smoke On The Water' en reprenant l’histoire du standard original mais avec le point de vue du pyromane responsable de l’incendie du (fameux) casino de Montreux.
Avec un contenu varié, les cinq gars alternent entre parties énergiques (l’excentrique 'Came to Mock, Stayed to Rock', fusion de boogie-woogie et de hard rock) et moments plus tranquilles, voire mélancoliques ('Odyssey' et ses accents Pink Floyd-iens, la ballade poignante 'Holy Holy Ground').
Du coté des bonus, quatre revisites sont offertes. Outre l’adaptation d’un hit du trio Texan citée plus haut, Arjen & cie se sont frotter au glam rock ('Children Of The Revolution' de T-Rex), au funk ('Fantasy' de Earth, Wind & Fire), et à la pop ('Love Is All' de Roger Glover associé au regretté Ronnie James Dio au chant). Mister Lucassen et ses copains ont passé ces morceaux à la moulinette Heavy pour ajouter leur touche personnelle.
Plus léger (mais toujours aussi travaillé) que les autres productions de Arjen Lucassen, cet effort est un peu « à part » dans la discographie du néerlandais. Si vous êtes un aficionado du monsieur et/ou nostalgiques d’esprit 70’s, « Golden Age of Music » est fait pour vous.