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From The Dark

CARMZIOFA
Rédacteur en Chef

Tony Iommi

''From The Dark'' est magistral et nous ramène au Sabbath de l'époque Dio ! Magique !
8 titres
Heavy Metal
Durée : 42
Sorti le 23/10/2026
55 vues
Le 5 juillet 2025, à Villa Park, Black Sabbath refermait son histoire devant le public de Birmingham, et Ozzy Osbourne s'éteignait dix-sept jours plus tard. On aurait compris que Tony Iommi range alors sa SG pour de bon.

Un peu plus d'un an après, il revient pourtant avec son premier album solo depuis ''Fused'', gravé avec Glenn Hughes en 2005. Là où ''Iommi'', en 2000, faisait défiler les chanteurs invités, ''From The Dark'' a été conçu comme l'album d'un groupe : Jørn Lande chante et cosigne les huit titres, Becky Baldwin, bassiste de Mercyful Fate, et Karl Brazil complètent la formation, et Mike Exeter, complice de longue date, coproduit. Seule exception, Brian May, ami de près de soixante ans, passé un jour à la maison et reparti en laissant un solo. "On n'essaie de rien prouver", prévient le guitariste.

Le premier choc est sonore. La production est énorme, sans être boursouflée : la guitare occupe tout le premier plan avec ce grain épais, accordé bas, qu'on reconnaît en trois notes, tandis que des claviers discrets, traités comme des chœurs, tapissent l'arrière-plan et donnent à l'ensemble une teinte presque ecclésiastique.

'Over The Violent Sun' ouvre le bal sur un riff qui broie consciencieusement,, avant que le morceau ne prenne de l'ampleur et ne décolle grâce à un refrain taillé pour être repris en chœur. Ce schéma, un point de départ familier qui finit par trouver son souffle, revient tout au long du disque.

C'est dans la lenteur que ''From The Dark'' donne le meilleur de lui-même. 'Black Times' avance en rampant sur un groove lourd et poisseux, puis s'ouvre au milieu sur une éclaircie inattendue. 'Death Wake' constitue le sommet incontesté de l'album : un riff tordu, venimeux, un ralentissement où Lande raconte plus qu'il ne chante, puis un refrain monumental aux accents de metal viking. Le solo de Brian May s'y fond sans dissiper l'obscurité, preuve que l'invitation tenait de l'amitié plus que du coup marketing.

Le versant plus rock convainc tout autant. 'World Alone', premier extrait, est un mid-tempo musclé, relevé de petites phrases de guitare franchement rock'n'roll, solide enjoué, efficace. 'Return Of The Arbalist' fait office d'accélérateur, direct, poing levé, expédié en quatre minutes.

Reste Jørn Lande, l'autre grande affaire de l'album. Le Norvégien a consacré un disque entier au répertoire de Dio, et la parenté s'entend, en particulier sur 'Stormwatcher', fresque cinématographique où l'histoire d'un navire pris dans la tempête figure le voyage de la naissance à la mort. Il y descend dans un registre plus grave, plus dramatique, et Iommi y fait pleurer sa guitare plutôt que hurler.

Sur 'Beyond The Dead', pièce plus atmosphérique, Lande se montre au contraire féroce. Mais le chanteur ne se réduit pas à l'imitation : il apporte une maturité, une palette d'émotions et une personnalité qui le distinguent de son modèle. Iommi, lui, joue avec une économie remarquable ; ses solos construisent la tension sans jamais tomber dans la démonstration.

En clôture, 'Legacy' rassemble tout le lexique de son auteur, riffs colossaux, harmonies menaçantes et pas de procession, dans une complainte sinueuse d'une solennité quasi liturgique. Le titre ne ment pas.

La section rythmique composée de Baldwin et Brazil posent des fondations puissantes et disciplinées, typique du métal moderne, tout en gardant l'esprit heavy des années 70.

''From The Dark'' est l'œuvre d'un homme qui, au soir d'une carrière fondatrice, revient à ce qu'il sait faire mieux que personne, entouré d'un vrai groupe et d'un chanteur à sa mesure. L'album est magistral et nous ramène au Sabbath de l'époque Dio ! Magique !