Si les polonais sont plutôt connus pour les groupes blasphématoires, il existe également de jeunes formations qui sont capables d'apporter un peu de renouveau dans un style qui, selon moi, a tendance à s'enfermer dans la virtuosité. Disperse, groupe qui mêle Djent et Metal progressif a été créé en 2007 par Jakub Żytecki (guitare) et Rafał Biernacki (chant/clavier). Leur ami Marcin Kicyk (basse) fait également partie des fondateurs du projet, mais il a quitté le groupe et a depuis été remplacé par Bartosz Wilk. Côté batterie, c'est à présent Mike Malyan qui se tient derrière les fûts pour accompagner les rythmiques saturées et structurées du combo. Après une démo en 2008, un premier album en 2010 et un deuxième en 2013, c'est leur troisième album, “Foreword” est sorti cette année que les polonais veulent défendre.
On démarre avec “Stay”, une composition atmosphérique qui prend largement son temps pour démarrer. Mais une fois lancée, plus rien n'arrête les riffs lourds et pénétrants du combo polonais. Une petite averse d'harmoniques arrive sur la fin, alors que “Surender” laissera plus de place à la guitare de Jakub pour s'exprimer pleinement. “Bubbles” aurait pu être une excellente composition si son tempo n'avait pas été aussi lente selon moi. La composition se noie entre le clavier, la basse et les quelques notes de guitare. “Tomorrow” rattrappe cette petite déception entre un rythme joyeux et une rythmique progressive à souhaits comme les amateurs en raffolent.
“Tether” souffrira du même souci que “Bubbles”, une rythmique beaucoup trop lente. Si la guitare rappelle un jeu les aspects Jazz par moments, “Sleeping Ivy” mélange les sonorités Electro avec des tonalités plus Post-Rock. Pendant plus de neuf minutes, on sent que “Does It Matter How Far?” veut exploser, libérer une rythmique puissante, mais les polonais ne prendront pas le chemin de la facilité et incluront un maximum d'effets à leurs rythmes tous plus tranquilles les uns que les autres. On part dans l'espace avec “Foreword”, le titre éponyme, qui lâchera finalement la puissance contenue dans le titre précédent.
Cette sensation de puissance dans la rythmique sera cependant atténuée par “Neon”, un autre titre mêlant atmosphérique et effets jusqu'à la fin. Relâchant à nouveau la pression, le groupe décide de nous offrir un nouveau moment de headbang, alors que “Gabriel” nous transportera avec un son oppressant puis violent. L'accordage très bas du groupe leur sert énormément, puisqu'ils peuvent passer d'un son écrasant à des harmoniques aériennes en un rien de temps. “Kites” me rappelle des titres très Pop qui passent à la radio, mais la guitare en fond est présente pour nous rappeler que la technicité fait tout de même partie de l'aventure. Après l'explosion finale, c'est le vide. L'album s'est achevé de lui-même.
Je suis quand même resté un peu sur ma faim avec cet album. En effet, les tonalités nouvelles sont présentes, mais je déplore également l'aspect trop lisse et Pop de certains passages voir titres entiers. La guitare n'est clairement pas exploitée à son maximum, et c'est vraiment dommage pour les polonais.