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Feuerwalze

Julien Pingenot
Journaliste

Minenwerfer

Album d'une intensité rare, ce "Feuerwalze" nous dépeint de la manière la plus frontale l'apocalypse des tranchées....
7 titres
Black Metal
Durée : 48
Sorti le 24/02/2023
1715 vues

Quatre longues années à attendre une suite à l'excellent "Alpenpässe", les américains de Minenwerfer sont de retour avec leur quatrième album "Feuerwalze" qui sort chez le mythique Osmose Productions.

Évoluant dans cette mouvance de groupes avec comme thématique l'inépuisable première guerre mondiale. Au côté de formations comme 1914 (avec qui ils ont collaboré sur un split) ou encore Kanonenfieber, le groupe nous dépeint des épisodes plus méconnus de la grande guerre.

Revenons rapidement sur "Alpenpässe" qui fut lors de sa sortie un véritable raz-de-marée tant critique que public et à raison ! Cet album est absolument magistral, mêlant brillamment un black brutal avec des élément plus progressifs, des samples hyper bien choisis et placés rendant l'immersion juste fantastique. Et puis les chiffres ne mentent pas, 1.2 millions de vues sur la chaîne référence qu'est Black Metal Promotion, c'est actuellement l'album le plus écouté de la chaîne. Bref, il est très dur d'être passé à côté mais si ce n'est pas encore fait, je vous encourage vivement à vous jeter sur cet album.

Comme dit en introduction, j'ai beaucoup attendu ce nouvel album tant "Alpenpässe" me marqua lors de sa découverte. Pour réussir à tenir, j'ai aussi beaucoup écouté les 2 précédents albums "Volkslieder" et "Nihilistischen", beaucoup plus direct et impactant dans leur approche. C'est en découvrant ces deux précédents opus que l'on se rend mieux compte du gap entre ces derniers et "Alpenpässe". Du coup, nous étions en droit de nous attendre à un album dans la continuité d'un "Alpenpässe" et voir ainsi le groupe s'émanciper un peu plus de son terreau brutal black. Mais non, le duo pris beaucoup de monde par surprise et ce "Feuerwalze" est dans droite lignée des premiers albums. Attention, je ne vois pas ce retour aux sources comme une régression ou je ne sais quoi. Au contraire, je trouve cela intéressant qu'un groupe modèle son style en fonction du thème abordé afin de retranscrire au mieux l'atmosphère qu'il tente de nous immerger. Et matière d'immersion, Minenwerfer sait faire, ici on se retrouve au milieu des tranchées crasseuses, baignant dans de pestilentielles odeurs et où la mort peut s'abattre à tout moment. Contrairement à "Alpenpässe", ce "Feuerwalze" est beaucoup plus sombre. Du coup, l'approche hyper martiale des compositions colle au mieux à cette atmosphère.

Un coup de sifflet annonçant la sortie de la tranchée et le furieux "Cemetery Fields" nous explose aux oreilles. Véritable mur de sons, cris, cette sortie dans le No Man's Land est proprement terrifiante. Dès le premier morceau, la couleur est donnée, les cinquante prochaines minutes ne vont pas être de tout repos. Aucun répit n'est donné, les morceaux s'enchaînent, le rythme ne ralentit que très peu et s'il le fait c'est pour mieux appuyer la lourdeur du moment comme le début de "Eternal Attrition" ou encore toute la fin de "Shrapnel Exsanguination". Ces passages plus groovy, d'une efficacité sans faille, démontrent un réel sens de la composition et du tempo mené de main de maître. Les morceaux sont d'une furie rare même pour du black, tout s'enchaîne à un rythme ahurissant, tellement que les pauses entre les morceaux sont plus ou moins marqué, la transition entre "Feuerwalze" et " Eternal Attrition" n'est même pas perceptible. Cette furie atteint des piques de brutalité lorsque les solos bien thrashy débarquent et atomisent tout.

Cet album est une déferlante absolue, aucun compromis nous est accordé, on ressort véritablement exténué de cette écoute, l'album nous malmène dans tous les sens. Minenwerfer nous offre une œuvre absolue, à l'approche jusque-boutiste dans sa transcription des horreurs de la grande guerre.