Feed the fire
Maitre Jim
Journaliste

BILLYBIO

«Feed the fire est la bombe hardcore punk métal lâchée par Billybio en cette fin d'année!»

13 titres
Power Metal/Heavy Metal
Durée: 37 mn
Sortie le 30/11/2018
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Qui est Billybio ? Comment résumer l'immense carrière de M. Billy Graziadei en quelques mots ? Mission impossible. Alors voilà, pour simplifier, disons que Graziadei est le guitariste-fondateur de Biohazard, un des noms mythiques de la scène hardcore new-yorkaise, tendance fusion entre métal et hip-hop. Après plusieurs années au calme et de contribution à différents projets dont Porwerflo, le petit Billy a décidé de sortir de sa planque avec un projets « 100% perso, sans influence de qui que ce soit ». Avec cet album, le guitariste / chanteur voulait se montrer comme il est et comment il est devenu. On ne saurait que trop lui en être reconnaissant.


Pourquoi ? Parce que « Feed The Fire » est une bombe hardcore. Dans le plus pur et meilleur style du NYHC, teinté de street-punk et de métal. Celui qui rassemble les coreux, les punk-rockers et les metalheads. Ceux qui ont la rage au ventre et qui hurlent leur colère à la face du monde. Bien sûr, les héritages de Biohazard se feront entendre par certains côtés hargneux et crasseux, notamment la voix. Mais les influences et clins d'oeil sont nombreux au fil des morceaux, il suffit de se laisser porter. Machine Head, Agnostic Front et Biohazard bien sûr mais tellement d'autres monuments sont mis à l'honneur sur ce premier album solo de Billy Graziadei.

Et finalement, c'est ça qui marque le plus sur ce premier album solo. Pas vraiment le sentiment d'avoir déjà entendu les morceaux ailleurs, plutôt la certitude qu'ils appartiennent à d'autres artistes. « Je suis un produit de tous ceux que j'ai rencontrés, à qui j'ai parlé, avec qui j'ai partagé mes histoires » confiait le New-Yorkais, désormais établi à Los Angeles. Du coup, on comprend mieux « Feed the fire » et ses titres si marqués.
‘Freedom's never free' et ‘Disaffected world', tout en vitesse et riffs acérés ont un sacré goût de Slayer, façon ‘Undisputed Attitude', le fameux album de reprises cross-over trash punk. Rapides, agressifs et mordants.
Plus évidents d'après le pédigré du blondinet, les titres hardcore renvoient au son East-Coast des années 90. ‘STFU', avec son chant guttural et ses grosses backing vocals, façon gang, résonne comme du Biohazard, forcément. ‘Sick and tired' et surtout ‘Generation Z' font penser à Agnostic Front avec des mélodies et une grogne toute new-yorkaise.
Un poil plus mélodiques, des compos comme ‘Enemy' et ‘No apologies, no regrets' font ressortir le côté punk de Graziadei/Billybio, tombé dans ce style quand il était petit. Tout comme le titre éponyme ‘Feed the fire', très punk-rock / hardcore mélodique comme pouvait en jouer le groupe Redtape [NDLR : mais qu'est-ce qu'il devient d'ailleurs ce sympathique groupe ?]. Ça, c'était pour le côté douceur.
La curiosité vient certainement des titres plus heavy mais aussi plus groovy qui ne sont pas sans rappeler Machine Head, époque « The Burning Red ». D'ailleurs, en tendant bien l'oreille, le chant de Graziadei est très Flynnesque tout au long de l'album. ‘Sodality', avec ce phrasé rappé, son mid-tempo et ses riffs en pm font parfaitement illusion. Pareil pour ‘Rise and slay' et son excellente intro qui cède ensuite sa place sur un morceau tout en lourdeur et en hargne.
2 interludes à l'intérêt limité et surtout une compo étonnante viennent compléter ce tableau. Sur ‘Untruth', on jurerait entendre l'excellent riff de ‘My own summer' de Deftones, en plus rapide ! Et du coup, c'est tout le morceau qui est rendu planant par ce clin d'oeil (in)volontaire. Le rythme et la construction du titre renforce cette légèreté d'ailleurs. Même les back-ups apportent une tonalité aérienne au titre, alors que le reste de l'album est quand même globalement heavy et agressif. Quelle délicate et surprenante attention !


Quel rendu pour un premier album ! Bon, OK, c'est pas comme si Billy Graziadei était un jeunot qui se lançait dans l'hostile et énergique scène du hardcore. On rappelle que le garçon a 30 ans de métier sur la scène, et non sans talent ! « Feed The Fire » est un excellent album hardcore qui ne renie pas ses influences punk, métal et groove ! La variété est au rendez-vous et le talent avec. C'est du très beau travail que nous livre là Graziadei pour un projet solo. Le plus difficile sera certainement de jouer les morceaux tout seul sur scène par contre.
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