Cinq ans après « Hermitage », les portugais de Moonspell reviennent avec un nouvel opus clair-obscur, mélodieux et d’une grande profondeur, « Far from god », qui marque officiellement leur retour au sein de la scène gothic metal.
Alors que son prédécesseur « Hermitage » opérait un retour aux sources black metal du groupe, ce nouvel album sonne résolument gothic metal avec des compositions qui jouent sur le registre de la mélancolie et de l’émotion.
Tout commence par un morceau des plus mélodiques qui rappelle le son du Paradise Lost des années 2000, « Cross your heart ». Les adeptes du Moonspell du début des années 90 n’apprécieront pas forcément et c’est leur droit. Cependant, ce morceau reflète tout le génie des lusitaniens avec son refrain entêtant et son atmosphère mélancolique.
Place ensuite au titre éponyme de l’album, « Far from god », qui sonne presque batcave au sens pur du terme. On dirait du Sisters of Mercy teinté de métal. La dimension religieuse des paroles, évoquant la poésie vénéneuse de Baudelaire, rend l’écoute encore plus extatique.
On continue sur le registre mystique avec « Biblical », un titre nettement plus planant que les deux premiers. Le chanteur Fernando Riberiro alterne entre voix claire et saturée, ce qui rend ce morceau d’autant plus jouissif. On monte en gamme avec le très émouvant « The great wolf in the sky » sur lequel le groupe renoue avec les thèmes ésotériques et païens. Plus sombre et mid-tempo, « Your promise of light » est un hymne à la gloire des ténèbres et de la grande faucheuse.
Sur ce titre, la voix du vocaliste Fernando se fait plus douce, parfois murmurante. Loin des racines black metal du groupe, le morceau « For the love of mortals » est une ode à la beauté et à l’amour avec un côté très mélancolique et des mélodies qui jouent sur nos émotions.
Adoptant un son plus menaçant et heavy, le groupe livre un hommage à Type O Negative avec « Our freedom to fall », un titre dans l’esprit du groupe du regretté Peter Steele. Avec l’ultime morceau de cet album (« Reconquista »), les rois du métal lusitanien nous offrent un morceau lancinant, presque doom dans sa structure, afin de clore en beauté ce joyau sonore qu’est « Far from god ».
Avec ce dernier, les portugais démontrent avec brio leur talent, leur professionnalisme et leur statut de groupe majeur de la scène gothic metal.