'Failure, Subside' ne souffre d'aucun défaut et démontre parfaitement la capacité des australiens à délivrer une musique unique, très travaillée et ne laissant aucune place à l'improvisation !
Né sous le nom d' Ørannis en 2011, ce groupe australien adopte son nom de scène l'année suivante et officie dans une sorte de black/death atmo que je qualifierai tout simplement, à l'issue de l'écoute de cette première galette, de post black metal à tendance psychédélique voire atmosphérique.
Au nombre de trois au départ, avec Sam Dishington au chant et à la guitare, Michael Rankine à la batterie et Jarrod Sorbian à la basse, les australiens délivrent une musique dense délivrant une mélodie complexe et torturée à l'atmosphère lourde et suffocante. C'est par l'arrivée d'un quatrième membre en la personne de Mitch Golding, comme second guitariste, que la musique de Départe a trouvé toute son intensité.
En mélangeant de nombreux genres du metal extrême tels que le doom, le black, le death, le drone ..., le quartet a réussi à s'imposer avec un style unique et ils le prouvent par la sortie d'une démo en 2014, "MMXIV" , qui sur 2 titres et 17 minutes tout de même représente une vitrine de l'univers des australiens.
Cette démo est un tremplin à leur carrière internationale puisqu'en seulement 3 ans d'existence et une démo, les voilà en tournée, localement avec des groupes tels que NE OBLIVISCARIS, PORTAL, et THE AMENTA et mondialement avec GORGUTS, ULCERATE, WORMED, ABSU, et bien d'autres.
C'est donc sur cette lancée que la quartet se lance dans la production d'un premier album que nous allons vous décortiquer ici. 'Failure, Subside', 7 titres et 50 minutes de mélodies enivrantes et torturées qui font naviguer l'auditeur du néant à la résurrection.
C'est par cette intro de 3'35'' intitulée 'Seas of Glass', que nous entrons tout doucement dans l'univers psychédélique de Départe. Dans une ambiance angoissante à la sensation de vide, tout prend place tranquillement. Un soupçon de guitare aux riffs dissonants, l'arrivée progressive du chant black hurlé de Sam, les blasts légers et espacés de Michael et l'histoire se créer doucement et surement pour nous faire entrer dans cet univers perché voire envoûtant aux nuances torturées, presque suicidaires par moment.
Dès le premier "vrai" titre 'Ashes in Bloom', on reste dans l'ambiance de l'intro et qui ne nous lâchera plus. Globalement, le rythme est lent par des blasts frappés très écartés entre eux bien que la double pédale reste rapide conférant d'entrée une sorte de décalage un peu psyché comme l'est la musique du quartet. Nous ne sommes pas dans du doom et pourtant les riffs sont pesants et l'atmosphère lourde. Le chant du frontman accentue cet effet pesant par un timbre torturé et hurlé qu'il arrive à transformer en growl se rapprochant ainsi des influences death du groupe.
La part belle est donnée aux instruments et à la musique qui occupent une place prépondérante dans les compositions de cette galette avec Sam qui sait se faire muet sur de longues périodes pour l'ensemble des morceaux.
On verra apparaître du chant clair dès la cinquième minute de ce premier titre caractérisant ainsi le côté mélancolique de la chanson par ce mélange de puissance et de tristesse; chant clair qui sera présent, lui aussi sur tous les titres de 'Failure, Subside'.
Les titres s'enchainent donc avec logique comme une même histoire ponctuée de chapitres fort bien ficelés qu'une fois que l'on est dedans, il est impossible de décrocher. On avale les pages ou plutôt on ferme les yeux et on se laisse emporter par la musique qui de riffs en riffs, de mélodie en mélodie nous fait arpenter l'univers des australiens.
Avec 'Wither', on est transcendé par la dissonance au départ, bousculé par les growls, sublimé par le chant clair, abandonné dans le néant et laissé pour compte plus de deux minutes pour se faire happer vers la surface par une mélodie enivrante et volumineuse.
Un rythme et un volume qui seront conservés sur l'intro de 'Grief Echoes (Golden Scars)' (à retrouver à l'écoute en fin de chronique), avant de revenir vers l'obscurité psychédélique de la chanson au final glauque et angoissant nous faisant glisser vers l'interlude angoissant du vide intersidéral de 'Mara's Choir'.
Retour à la réalité par les hurlements de Sam sur 'Vessel', dont le chant prend une part plus importante ici puisqu' isolé en début de morceau, il se fait plus violent et plus sombre en virant growl voire doomesque sur le premier tiers. Le titre le plus court de la galette (hormis l'intro et l'interlude) dont les 2/3 restants seront purement instrumentaux voire même expérimentaux.
L'outro de 'Vessel' nous prépare tout naturellement au dernier titre du sceud 'Ruin' qui laisse l'auditeur sans voix plus de trois minutes qu'il faut savoir apprécier puisque sur le plan suivant, c'est le déferlement de violence à laquelle le combo ne nous a pas habitué jusque là. Le rythme est plus intense, les vocalises sont plus folles et affreuses, la mélodie est stridente, la musique atteint son paroxysme avec une proportion plus importante donnée à la basse de Jarod ici. Ce n'est qu'à la septième minute que Sam se refait entendre pour une ultime prestation puisque l'on tire tout doucement vers la fin de cette chanson de plus 11 minutes et donc vers la fin de l'album tel qu'il a commencé: angoissant, mélancolique et une sensation de vide nous tirant vers le néant......
On peut dire que Départe marque un grand coup avec ce premier album. 'Failure, Subside' ne souffre d'aucun défaut et démontre parfaitement la capacité des australiens à délivrer une musique unique, très travaillée et ne laissant aucune place à l'improvisation. Au fur et à mesure de l'écoute, on ressent les différentes influences du quartet qui sont nombreuses. Un groupe clairement à suivre dans cet univers très fermé de post black metal et à découvrir absolument à live !