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Exul

Julien Pingenot
Journaliste

Ne Obliviscaris

"Exul" est d'une richesse renversante, envoûtant, émouvant et d'une beauté rare.
6 titres
Extreme Progressive Metal
Durée : 52
Sorti le 24/03/2023
1673 vues

"Exul" est le quatrième album du quintet progressif Ne Obliviscaris. La virtuose formation australienne est de retour en ce mois de Mars 2023. "Urn ", le précédent album, propulsa le groupe dans une sphère bien plus large qu'il ne l'était précédemment. C'est par cet album que beaucoup, comme moi-même, découvrirent la formation. Un autre levier qui a permis au groupe de d'agrandir son auditoire fut les vidéos réactions. Format de vidéo ayant envahi la sphère musicale ces dernières années, ces réactions ont, aujourd'hui, un véritable impact sur la notoriété d'un groupe et est un levier non négligeable de la promotion officieuse d'un artiste. Et Ne Obliviscaris fut un des ces groupes dont les vidéos réactions pullulent notamment pour l’incroyable morceau "And Plague Flowers the Kaleidoscope" et son iconique introduction au violon qui caractérise tant le groupe. Six ans séparent "Urn" et ce nouvel album "Exul". La pandémie et les différents confinements aidant, le groupe eut tout le temps pour forger une suite à la hauteur, et nous délivre un album d'une richesse affolante et qui n'a pas à rougir de ses prédécesseurs.

Cette richesse ne se fait pas attendre, le mastodonte "Equus" ouvre l'album. Morceau phare de ce nouvel album, dès ce premier morceau le groupe nous montre toute la maestria qui les caractérise. Les douze minutes ne souffrent d'aucun moment de flottement, tout est millimétré, cadré et délivré magistralement. Ce morceau est à l'image de Ne Obliviscaris, ambitieux et émouvant. Et que dire de la performance de chaque musicien, chacun est à niveau stratosphérique dans son domaine mais pour cet album je retiendrai l'immense performance de Martino Garattoni qui avec sa basse fretless nous envoûte. Ainsi que le chant clair et violoniste Tim Charles qui est juste dans une autre dimension à ce point. Pour avoir vu le groupe en live, il y a quelques années, Tim Charles est réellement un très grand chanteur qui arrive sans mal à retranscrire et nous envoûter avec son chant si beau. Le travail des guitares est aussi merveilleux et pioche dans un nombre d'influences monstrueux allant du jazz, au classique ou encore par le rock plus psyché typé Pink Floyd comme sur le diptyque "Misericorde" par exemple. Le solo de "Misericorde II - Anatomy of Quiescence est absolument dingue, tout en progression et délicatesse. 

Comme on pouvait s'y attendre, cet album est d'une richesse renversante qu'il serait compliqué de résumer sans en écrire des pages et des pages. L'album dure plus de 52 minutes et chaque instant est un émerveillement, une invitation au voyage comme peu d'album réussissent à le faire. "Equus" entamait de bien belle manière ce voyage mais le diptyque "Misericorde" nous élève encore plus, je reviens encore sur "Misericorde II" mais ce morceau est juste imbattable. Absolument tout y est cohérent et un nombre incalculable d'émotions s'en dégage, c'est fantastique. "Suspyre" nous fait quelque peu redescendre de notre nuage, avec un morceau plus brutal, où blast beat et le chant crié de Xenoyr est mis plus en avant. Le morceau est plus sombre, extrême voire plus simpliste dans son approche. Et ce break tout en lourdeur qui rappelle les racines extrêmes de la formation. Et comment ne pas parler de la fin du morceau et ce solo alternant entre violon et guitare pour que le tout s'harmonise et termine "Suspyre" de la plus grandiose des manières. "Graal" poursuit le voyage de la plus belle des manières et nous prépare pour l'envol final avec "Anhedonia" et un Tim Charles munit de son violon, véritables stars de cet album, nous offrent un dernier tour de piste solennel et véritablement poignant. Morceau bien plus court et conclusion parfaite pour un album de haute voltige d'un groupe si singulier.

Bon ce nouvel est juste fou, débordant de beauté, d'une ambition démesurée et délivré par des musiciens au sommet de leur art. Les deux vocalistes sont juste éblouissants, bien que Tim Charles soit plus mis en avant sur l'album, Xenoyr n'est pas en reste et son growl si reconnaissable fait à nouveau des ravages. Aussi inspiré au chant qu'au violon, Tim Charles est juste stratosphérique. Son envoûtant chant n'a d’égal que sa somptueuse performance au violon. D'ailleurs, je trouve les parties au violon véritablement bien intégrées dans les compositions. Là où sur les albums précédents, le violon pouvant parfois être mis un peu à part s'en vraiment faire corps avec l'ensemble et pouvant faire penser à un gimmick de composition un peu trop reconnaissable et "facile" pour le groupe. Sur "Exul", le violon est véritablement bien intégré et pensé comme un élément de composition à part entière. Comme dit plus haut, la basse de Martino Garattoni est merveilleuse, chaque passage où il est plus mis en avant est absolument grandiose et prenant. Le travail sur les guitares est absolument dingues, tous les solos sont divins et puis comment ne pas parler de l'immense travail rythmique délivré par Dan Presland (musicien de session j'ai l'impression), d'une minutie sans faille et au bon goût tout du long.

J'imagine que vous l'avez peut être compris mais je trouve ce quatrième album des australiens juste merveilleux. Il aura mis du temps à nous arriver mais s'il faut attendre pour se prendre des claques pareilles je suis prêt ! Chaque seconde de nouvel album est envoûtante, émouvante et d'une beauté rare.