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Everything Under the Sun

CARMZIOFA
Rédacteur en Chef

Nickelback

Entre riffs musclés, ballades teintées de country et détours inattendus, Nickelback élargit sa palette sans renoncer à ses recettes
12 titres
Metal Alternatif
Durée : 44
Sorti le 30/10/2026
39 vues
VIRGIN
Sammy Hagar, Tommy Lee, Joe Bonamassa, Brent Smith, John 5 : le carnet d'adresses étalé sur ''Everything Under the Sun'' ressemble à la liste des invités d'une fin de soirée dans les coulisses d'un grand festival américain.

Quatre ans ont passé depuis ''Get Rollin''', et les Canadiens ont pris leur temps, sans échéance imposée, de l'aveu même de Mike Kroeger. Le line-up n'a pas bougé : Chad Kroeger au chant et à la guitare, Ryan Peake à la seconde guitare, Mike Kroeger à la basse et Daniel Adair derrière les fûts. Son titre annonce un disque fourre-tout, et le chanteur l'assume : "Cet album montre toutes les facettes du groupe."

La promesse se vérifie d'abord du côté le plus lourd. 'Rattle the Cage' ouvre les hostilités avec ce qui compte parmi les titres les plus massifs jamais gravés par le quatuor, un hommage bruyant au public des concerts sur lequel John 5 vient poser un solo incendiaire. Le morceau traînait sous forme de démo depuis plusieurs albums, et on comprend qu'il ait fini par trouver sa place ici.

Pourtant, c'est 'Bones for the Crows' qui frappe le plus juste : le titre alterne un groove nonchalant et des passages de guitare autrement plus tranchants, et cette dynamique en fait l'un des morceaux heavy les plus réussis du groupe depuis longtemps.

'Chasin' Famous' complète ce versant musclé avec un riff qui fait hocher la tête et un texte moqueur sur les chasseurs de célébrité, qui renvoie directement à l'époque de 'Rockstar'. Clin d'œil assumé ou recyclage, chacun tranchera, mais l'efficacité est là.

L'autre moitié du disque regarde vers le sud des États-Unis. Des auteurs de Nashville ont mis la main à la pâte, et cela s'entend sans que Nickelback ne se transforme pour autant en groupe de country. 'Leave Me Behind', mid-tempo aux harmonies vocales superposées, se pare d'une guitare slide qui lui donne une couleur poussiéreuse bienvenue. 'Make Me Love You' joue la carte de la power ballad, avec un refrain taillé pour rester en tête et un texte sur l'hésitation à s'ouvrir à quelqu'un quand on devine la fin douloureuse.

'I Already Know', plus enjoué, séduit dès la première écoute par son rythme qui fait taper du pied. La voix de Chad Kroeger, plus grave et plus éraillée qu'autrefois, sert bien ces titres : elle a gagné en patine ce qu'elle a perdu en mordant. C'est dans ses écarts que l'album surprend le plus. 'Technicolor Steamboat', acoustique et atmosphérique, a des airs de feu de camp traversé de touches psychédéliques, et constitue sans doute la prise de risque la plus nette du disque.

'Bottled Dreams' couve lentement, dans une ambiance de bar de fin de nuit, et ce morceau plus introspectif, auquel ont participé les enfants de Mike Kroeger, se révèle l'une des belles réussites de la seconde moitié.

Reste 'Lift Somebody Up', le titre aux invités, qui réunit notamment Sammy Hagar, Brent Smith, Tommy Lee et Joe Bonamassa. Le message est positif et l'ambiance rayonnante.

Au bout de ces quarante-cinq minutes, ''Everything Under the Sun'' tient parole : on y trouve un album avec de multiples atmosphères très variées. Le groupe semble moins préoccupé de prouver quoi que ce soit que de s'amuser, et cette décontraction lui réussit sur ses titres les plus lourds comme sur ses incursions vers Nashville. Avec 'Bones for the Crows', 'Leave Me Behind' ou 'Bottled Dreams', Nickelback signe son disque le plus ouvert depuis des années, ce qui n'est pas rien pour un groupe qu'on disait figé dans sa formule.