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Everyone's Talking

CARMZIOFA
Rédacteur en Chef

All Time Low

''Everyone's Talkinh'' n’est pas un disque parfait, mais c’est une main tendue à nos années perdues, un rappel qu’on peut vieillir sans devenir complètement chiant.
15 titres
Rock
Durée : 41
Sorti le 17/10/2025
259 vues
BASEMENT NOISE RECORDS
Chapo : vingt ans après « Dear Maria, Count Me In », les gars d’All Time Low ressortent leurs guitares et leurs mèches façon 2008 pour rappeler que le pop-punk n’est pas mort, il a juste pris un crédit immobilier. Entre nostalgie adolescente et lettres de l’URSSAF, « Everyone’s Talking! » réveille nos skates, nos gueules de bois et cette envie d’y croire encore, au moins le temps d’un refrain.

Ce matin-là, je me suis réveillé seul, gueule de bois légère et tête un peu floue. Le genre de matin où on se dit que la vie pourrait être un peu plus douce, ou au moins un peu plus silencieuse. J’ouvre le groupe Messenger de la rédac de United Rock Nation, la liste des albums à chroniquer vient de tomber. Comme chaque samedi. Et là, au milieu des nouveautés métal scandinaves et des machins indie dont personne ne parlera dans trois mois, un nom me saute aux yeux : All Time Low. Les types de “Dear Maria, Count Me In” et “Weightless”, les héros de mes 13 ans, les posters sur la porte de ma chambre et les clips que je matais sur YouTube entre deux heures de colle. Je souris. Je sors du lit. Je lance "Everyone’s Talking!" sur l’ordi, dans la cuisine. Et pendant une fraction de seconde , une seule, j’ai la sensation d’être à la bourre pour aller au collège.

All Time Low, c’est ce genre de groupe qui te rappelle que tu as grandi sans t’en rendre compte. Vingt ans ont passé depuis leurs débuts, et ces anciens sales gosses du pop-punk reviennent avec un disque plus propre, plus mixé, plus mature, ou du moins plus travaillé. La musique est plus complexe, les guitares moins grasses, la production plus soignée. On sent que le groupe a troqué la bière tiède du garage contre le cocktail tiède des studios climatisés de Los Angeles. Mais la flamme est encore là, quelque part sous leurs mèches de cheveux qui nous donnent l’impression d’être encore en 2008.

Soyons honnêtes : il y a dans ce disque un peu trop de pop commerciale à la con, comme si les mecs avaient peur d’assumer leur âge ou leur rugosité d’autrefois. Ce syndrome du “on veut rester jeune, mais on a des factures et un producteur”. Et pourtant, entre deux refrains FM calibrés pour TikTok, surgissent des éclats de sincérité. Le morceau acoustique “Goodnight, c’est la vie” renoue avec la grâce d’il y a dix ans. Et “Bubblegum”… ah, Bubblegum. Ce titre donne envie de ressortir le skate, de fumer un joint avec les potes, de revoir American Pie et d’oublier deux secondes qu’on reçoit des lettres de l'URSSAF... Le pop-punk, pour beaucoup, c’est l’adolescence éternelle. C’est les Vans trouées, les amours impossibles et les bières chaudes sur les parkings. Alors forcément, quand les gamins de l’époque reviennent la trentaine passée, mariés, pères de famille et probablement abonnés à une mutuelle santé, ça fait bizarre. Mais il faut le dire : Everyone’s Talking! n’est pas un mauvais disque. C’est un disque d’adultes qui se souviennent de ce que c’était d’être jeune. Et il y a dans cette nostalgie un charme amer, presque beau.

All Time Low ne révolutionne plus rien, mais ils continuent d’exister, et parfois, c’est déjà héroïque. "Everyone’s Talking!" parle du temps, des non-dits, des fantômes du passé, et d’une jeunesse qu’on n’a jamais vraiment quittée. Ce n’est pas un disque parfait, mais c’est une main tendue à nos années perdues, un rappel qu’on peut vieillir sans devenir complètement chiant. Et merde, rien que pour ça, je les remercie !