Voilà 50 ans que Journey fait le bonheur de millions de mélomanes des quatre coins du globe. Fondé par l’ex-Santana Neal Schon, le groupe a, dans un premier temps, réalisé trois albums fusionnant le rock progressif et le jazz-rock et par la suite, est devenu un des géants du hard FM avec l’arrivée du grand Steve Perry au chant.
Quand sort ce sublime opus un beau jour de l’été 1981, le combo a déjà écrit quelques belles pages du rock américain avec, entre autres, les singles « Wheel In The Sky », « Lights », « Lovin, Touchin’, Squeezin’ » ou bien encore « Any Way You Want It », tous bien classés au Billboard.
Dès le morceau d’ouverture « Don’t Stop Believin’ », Journey écrit là un véritable hymne AOR avec une fabuleuse introduction au piano signée Jonathan Cain (fraîchement débarqué d’un autre combo : The Babys) et un chorus de guitare endiablé. La voix de Steve Perry fait mouche et ce titre sera le plus gros hit du groupe puisqu’outre le fait qu’il se retrouvera classé n°9, sera le morceau le plus téléchargé de la plateforme Itunes des années plus tard.
« Stone In Love » avec son immense riff de guitare et son refrain entêtant suit à merveille le titre d’ouverture. Mais c’est l’émotionnel « Who’s Crying Now » qui réussira à mettre d’accord les rockers purs et durs et le public féminin. Il faut dire que cette chanson n’a pas son pareil pour mettre les larmes aux yeux. Le refrain est de toute beauté et le sieur Neal Schon y réalise un solo des plus dantesques. La chanteuse soul Randy Crawford ne s’y trompera pas en reprenant ce classique bien des années plus tard… La légende dit même qu’elle a pleuré lors de l’enregistrement, c’est dire !
Les up-tempo « Escape » et « Keep On Runnin’ » viennent compléter à merveille cette masterclass du rock mélodique mais comme dans tout bon album FM qui se respecte, les ballades ne sont évidemment pas oubliées. D’abord « Still They Ride » qui clôt à merveille la première partie du disque. Et puis ce sont « Mother, Father » et « Open Arms » (repris sur la BO du film d’animation Heavy Metal sorti la même année) qui finiront d’achever l’auditeur et l’emmener dans des contrées sentimentales.
Bref, avec cet album, Journey vient définitivement d’entrer dans la cour des grands et c’est pas moins de 15 millions de copies qui trouveront acquéreurs. Le groupe accédera au statut suprême, celui de jouer dans des stades et sera classé n°1 au Billboard 200, disque de diamant à la clé (soit dix fois disque de platine). Un géant est né !