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Era

Enora
Journaliste

Bleed from Within

« Era », un petit bijou de force et de beauté. Je n'en dirais pas plus tant je pense que seule une écoute attentive de cet album pourra vous donner un aperçu de sa réussite !
11 titres
Deathcore (early), Melodic Death/Groove Metal, Metalcore (later)
Durée : 46
Sorti le 06/04/2018
7990 vues

Bleed From Within est un quintet écossais plsu que prometteur et auquel vous serez probablement plus attentifs après avoir lu cette chronique et écouté leur dernier album, « Era » ! Le groupe a été formé en 2005 et a déjà trois albums à son actif, « Era » étant le quatrième.

Les premières notes de guitare de « Clarity » étouffent les premières paroles qui résonnent au loin avant que la rythmique n'explose, soulignée par le riff plutôt très mélodique qui se devine et dont on profite sans modération tout au long du morceau. Le morceau avance bien, porté par la diction plus qu'énergique du chanteur qui se révèle très bon, malgré un son de voix assez classique. On est plus proche de groupe comme Parkway Drive que d'Architects dans la lourdeur du son et les breaks à répétition mais le côté mélodique est, comme je l'ai déjà dit, très soigné. Bleed From Within frappe très fort et « Crown Of Misery » a l'air bien parti pour être dans la même veine ! Vous n'aurez absolument aucun mal à imaginer une foule en folie sur cette chanson qui est un appel au mosh pit aux pogos. Croyez-mois, ça doit s'en donner à coeur joie en live ! Quelques breaks bien sentis viennent ponctuer le titre sans en casser le rythme. Autant vous dire que ce titre est démoniaque est a absolument tout pour vous séduire. On retrouverait presque une influence qui flirte avec des groupes comme Crossfaith sur l'introduction futuriste de « Cast Down », mais assez rapidement on revient vers un Metalcore plus classique et tout aussi percussif. Mention spéciale aux changements rythmiques et à la basse qui mène tout droit son groupe vers le succès. La construction du morceau et les passages de breaks évoquent presque une version adoucie d'Archspire, comment ne pas aimer ?

On pourrait tout d'abord croire que le groupe ralentit le rythme sur « Afterlife » mais il n'en est rien. Le ton est seulement plus sombre et froid, bien que le cri de « It's a revolution ! » devrait en entraîner plus d'un dans la danse. Peu à peu, derrière des apparences de simplicité, les musiciens nous démontrent en fait tout leur talent technique, et ils en ont à revendre ! Le duo rythmique basse-batterie fait un travail extraordinaire auquel vous serez un peu sensible puisque Bleed From Within a ce petit truc qui fait si souvent cruellement défaut aux groupes de Metal : le Groove ! « Shiver » nous propose une rythmique encore plus hachée à l'efficacité quasi-militaire. Le groupe me surprend vraiment par la qualité de l'album puisqu'on se laisse emporter sans problème dans chaque chanson en retrouvant une énergie folle qui fait plus que plaisir à entendre ! Chacun dans leur domaine, les membres du groupe se révèlent talentueux et nous proposent un enregistrement propre et très bien composé. Attention, préparez-vous à un véritable déferlement de puissance brute sur « Bed Of Snakes », une chanson dont se dégage une atmosphère plus malsaine que les précédentes. Le groupe joue sur nos nerfs et cela permet de prendre la mesure de leur capacité créatrice. Oui, un groupe de Metalcore peut vous donner des frissons, n'en déplaise aux détracteurs du genre ! Le chanteur se dévoile à travers une toute nouvelle palette de screams ce qui apporte une touche d'autant plus novatrice à la composition.

Changement radical d'ambiance avec « I Am Oblivion, Pt. II » qui nous entraîne dans une valse démoniaque et hypnotique bien plus noire que ce que Bleed From Within nous a montré jusque là. Le groupe se sentirait-il quelques affinités avec le Black Metal ? En tous cas, les riffs de guitares en donne l'impression. L'ensemble est assez réussi et équilibré. Avec « Alone In The Sun », le groupe oscille entre Groove Metal, Metalcore dans un genre proche d'Architects ou de We Came As Romans en poussant cependant plus loin la technicité, ce qui offre de très beaux moments musicaux. Et on enchaîne sans transition avec « Gatekeeper ». Le morceau se distingue du reste de l'album grâce au contraste entre atmosphère sombre et étouffante et choeurs vocaux solaires. La surprise passée, on se laisse prendre au jeu ! « Ruina » est lancinant, écrasant mais majestueux, comme si on assistait à la naissance d'un monstre biblique tant la chanson est porteuse d'une idée de création démoniaque et horrifique, frôlant le divin mais condamnée aux abysses. On finit aussi bien qu'on a commencé avec le puissant et virtuose « Alive » que je vous propose d'aller découvrir par vous-mêmes si cette chronique vous a convaincu qu'il y avait quelque chose à creuser du côté de ce groupe !

« Era » est un petit bijou de force et de beauté. Je n'en dirais pas plus tant je pense que seule une écoute attentive de cet album pourra vous donner un aperçu de sa réussite !