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Eon Of Obscenity

Blood Potatoe
Journaliste

Stabbing

''Eon Of Obscenity'', concentré de brutal death maitrisé, confirme tout le bien que l’on pensait de Stabbing et de son incroyable vocaliste.
11 titres
Brutal Death Metal
Durée : 31
Sorti le 30/01/2026
94 vues

Stabbing, jeune formation texane qui a vu le jour à Austin en 2021, pratique un brutal death metal tout ce qu’il y a de plus américain. Rien d’exceptionnel jusqu’ici, me direz-vous. Sauf que derrière le micro officie non pas un mais une growleuse, qui ferait passer Alicia White Gluz pour une chanteuse de variétés. Bridget Lynch, tel est son nom, mérite en effet un gros coup de projecteur tant elle surprend par ses performances vocales où gravité et profondeur font loi.
Fort d’une signature chez Century Media en 2024, le quatuor nous revient en ce début d’année avec ''Eon Of Obscenity'', un condensé de brutalité qui risque de décoiffer plus d’un chevelu. A l’image de son explicite pochette signée Rudi Yanto, cette demi-heure d’agression sonore ne fait pas de quartier et attaque directement avec le percutant 'Rotting Eternal'. En quelques blasts et breaks ultra heavy, la messe est dite. Les guitares saturent comme chez Disgorge, la basse grésille jusqu’à faire péter les amplis et la caisse claire claque dans un esprit grind bon enfant.
'Inhuman Torture Chamber' se veut plus subtil en alternant les tempi et instaurant une ambiance pesante rappelant les compatriotes d’Infester. C’est d’ailleurs la lourdeur que privilégie ce second opus même si les blasts ne sont pas en reste, en témoigne le véloce morceau-titre.
Le groupe a progressé et cela s’entend, les compositions sont moins basiques et linéaires que par le passé. L’accent est mis sur l’atmosphère générale du disque, sombre et malaisante, à l’instar des textes, que l’on doit à la vocaliste. Sont ainsi abordés les problèmes d’aliénation mentale et autres troubles psychiques de l’être humain, mais sous le prisme d’une horreur frontale et sanglante, death metal oblige.
Le court instrumental 'Ruminations' n’est pas sans rappeler le death rampant d’un Obituary, 'Their Melted Remains' a la délicatesse d’un Sanguisugabogg alors que 'Sinking Into Catatonic Reality' groove comme un bon vieux Suffocation.
'Masticate The Subdued' pourrait quant à lui être le fruit illégitime d’un fricotage entre Carcass et Coffins, le grind baveux de l’un le disputant au doom/death de l’autre pour un résultat bien jouissif.
Ricky Myers, ancien grogneur chez Disgorge et actuel frontman de Suffocation, apporte une caution supplémentaire aux Texans via un featuring marquant sur l’écrasant 'Nauseating Composition'. Un gage de qualité qui devrait aider la bande à Bridget à se faire un nom sur une scène brutal death en plein renouveau. C’est d’ailleurs tout le mal qu’on peut leur souhaiter, en attendant un éventuel passage par chez nous.