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Engines Of Demolition

FRED H
Journaliste

Black Label Society

Sans révolution, Zaak Wylde/Black Label Society prouve qu’il maîtrise toujours l’art de conjuguer puissance et émotion.
13 titres
Métal Rock
Durée : 51:41
Sorti le 27/03/2026
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Un peu plus de quatre piges se sont écoulées depuis la sortie de « Doom Crew Inc. » fin 2021. Il faut dire que, c’est dernières années, le sieur Zaak Wylde a été bien occupé entre les tournées avec Pantera, les concerts du « The Experience Hendrix Tour » et ceux avec son tribute band Zaak Sabbath (sans oublier l’ultime gig du Prince des Ténèbres britannique en juillet 2025). Quoi qu’il en soit, le guitariste-chanteur américain revient en cette fin de premier trimestre 2026 avec son Black Label Society et un opus nommé « Engines Of Demolition ».

Pourtant commencé dès 2022, pour cause d’emploi du temps des plus chargé, le processus d’élaboration de ce nouveau méfait a été long et fragmenté (à l’inverse de certains skeuds passé pondus quasiment d’une traite). Parti d’une quarantaine d’ébauches (beaucoup sans paroles), lentement réduites à l’essentiel, Zakk a laissé mûrir ses compositions pour mieux les retravailler, trouver et poser des mélodies et finir par l’écriture des textes.

N’attendez pas présentement de rupture avec les œuvres précédentes. S’inscrivant plutôt dans une logique continuité, cet effort conserve l’ADN du groupe tout en laissant apparaître de légères fissures plus humaines dans son armure sonore. Dès les premières notes, la machine se met en route avec une redoutable puissance familière. Les riffs sont martelés avec cette lourdeur hypnotique propre au guitar hero étasunien ('The Gallows', 'Lord Humungus'). Volontairement brute, la production met en avant une approche sans fioritures, directe et viscérale.

Cela dit, derrière cette puissance de façade, l’album révèle aussi ses nuances les plus intéressantes. Plusieurs morceaux comme ouvrent des espaces plus aérés, où la mélodie prend le pas sur la saturation ('Better Days & Wiser Times', 'Broken and Blind'). Moins démonstrative, la voix du frontman barbu se fait presque fragile par endroits. Ce mélange de titres massifs et de quelques respirations plus calmes donne une profondeur bienvenue à l’ensemble. Malgré tout, cette fidélité à une formule éprouvée constitue la limite. Toujours aussi reconnaissable, le chant frôle parfois la redite, avec notamment des gimmicks (des « All right now » et autres « Oh yeah » ne trompent pas) ou intonations proches de celles du regretté Madman.

La conclusion s’opère avec un hommage touchant à celui qui fut son employeur, son mentor, son ami, le parrain de son fils ainé ('Ozzy’s Song'). Avec une évidente sincérité, l’amateur du kilt livre un moment suspendu, agissant comme un contrepoint lumineux à la lourdeur de certains titres précédents. « Engines Of Demolition » s’impose comme un disque solide et dense, qui gagne en profondeur ce qu’il perd en surprise. Sans révolution, Zaak Wylde/Black Label Society prouve qu’il maîtrise toujours l’art de conjuguer puissance et émotion.