Menu principal
Accueil(current) News Live Reports Interviews The Wall Chroniques Groupes Concerts

Emergent

Enora
Journaliste

Autarkh

Autarkh nous propose un album protéiforme avec "Emergent" qui se démarque surtout par son degré de complexité et les multiples visages qu'il présente à nous !
9 titres
Contemporary Metal
Durée : 45
Sorti le 10/11/2023
998 vues

Autarkh est un groupe hollandais de Metal extrême qui se revendique du "Contemporary Metal", un terme flou s'il en est qui correspond pourtant assez bien à l'identité musicale inclassable de cette formation. Leur premier album, "Form in Motion", est sorti en 2021 via Season of Mist avec qui les musiciens poursuivent pour leur dernière création en date : "Emergent" !

Dès les premières minutes d'"Emergent", Autarkh s'assure de marquer l'auditeur pour que celui-ci prenne la mesure de l'univers qu'il propose. 'Open Focus' nous plonge dans des sonorités métalliques avant que les deux voix du groupe, Michel Nienhuis et David Luiten, n'apparaissent comme deux feux follets qu'on essaie de suivre tant bien que mal dans leurs acrobaties et jeux harmoniques. Dans une ambiance presque Black Indus, voici 'Strife' et ses choeurs écrasants qui répondent à des riffs de guitares squelettiques qui surprennent ! Pour l'instant, on pourrait avoir l'impression que les musiciens nous invitent à les rejoindre dans un grand rituel qui aurait pour but l'invocation de quelque créature lovecraftienne encore inconnue, et c'est tout à leur honneur.

Poursuivons dans une atmosphère sombre et oppressante avec l'étrange 'Duhkha' qui mêle différentes techniques de chant à une rythmique omniprésente. La basse de Desmond Kuijk gronde au loin alors que les lignes instrumentales et vocales se superposent et nous attirent un peu plus loin dans la folie. Sur 'Trek', c'est d'abord la batterie qui nous assaille avec une rigueur et une violence implacables ; mais cela n'empêche pas les guitares des chanteurs de s'aventurer sur des compositions très originales et mélodieuses. Le contraste avec les passages plus minimalistes est cependant rendu plus difficile par une baisse du niveau sonore qui donne l'impression que l'ensemble se dégrade... La conclusion laisse planer un doute sur la suite de l'album avec des éléments plus Prog et rêveurs que l'on retrouve avec 'Refocus'.

Après l'interlude fantomatique intitulé 'Aperture', nous retrouvons les tourments et la complexité musicale propres à Autarkh qui nous entraîne dans 'Eye of Horus', nous offrant une occasion de plus de souligner la richesse des textures sonores proposées par Tijnn Verbruggen et Joris Bonis. Le risque avec un groupe comme celui-ci, c'est d'avoir l'impression qu'il sacrifie la sensibilité à la technicité ; avec autant de couches sonores ainsi superposées, on peut se perdre un peu émotionnellement et ne plus avoir d'espace que pour la surprise devant ce foisonnement. Il y a néanmoins un peu d'espoir comme en témoigne 'Countless Kaleidoscopes' et surtout 'Ka' qui permettent parfois de passer outre cet étonnement pour davantage de profondeur.

Tout comme sa formation unique, Autarkh nous propose un album protéiforme avec "Emergent". On ne sait pas toujours quoi en penser puisque la confrontation avec l'univers du groupe se fait sans préambule alors qu'elle nécessiterait une longue mise en contexte en raison de son degré de complexité. Si les émotions font parfois défaut à l'ensemble, il est indéniable que cet album va durablement marquer les musiques extrêmes et asseoir la position d'Autarkh sur la scène Metal.