Electric Citizen, quintette originaire de Cincinnati formé en 2012, marque avec ''EC4'' le retour attendu après sept années (et une pause liée à la santé de Laura Dolan) depuis ''Helltown'' (2018). Recrutés par le label Heavy Psych Sounds, ils signent ici une oeuvre soignée — enregistrée au Candyland Studio, mixée par Collin Dupuis (Black Keys…) et masterisée par JJ Golden — dont la pochette signée Neil Krug évoque une filiation tangible avec leur premier album ''Sateen''.
L’ouverture ('Mire', 'Static Vision', 'Smokey') associe riffs fuzzés, orgue profond et batterie massive. 'Smokey', tout en urgence hypnotique, ressuscite l’esprit d’un hard-rock psychédélique vintage sans verser dans la nostalgie. Le mix de guitare/keys génère une dynamique brûlante qui évoque les racines du rock britannique .
Au cœur de l’album, 'Lizard Brain' et 'Other Planets' offrent des escapades instrumentales psychédéliques : plans lents teintés de doom, arpèges atmosphériques, dialogues entre guitare et claviers prog — modules qui multiplient les couleurs sans casser le rythme global.
En contrepoint, 'Tuning Tree', 'Moss' et 'Flower of Salt' apportent des nuances plus apaisées : guitares acoustiques, claviers oniriques, voix feutrée. 'Flower of Salt' conclut l’album dans une tonalité presque folk-orchestrale, apportant une émotion enfin apaisée.
Avec ''EC4'', Electric Citizen livre un album riche en contrastes et en émotions, fusionnant habilement psychédélisme, proto-hard rock, rock progressif et instants acoustiques lumineux. Ce quatrième opus prouve une maturité créative indéniable : puissant là où il faut, subtil quand il se fait atmosphérique, il trace la voie d’un retour réussi, furieusement actuel tout en demeurant ancré dans l’héritage des 70’s. Un incontournable pour les amateurs de heavy psyché et de rock protéiforme — un vrai trip sonore, réfléchi et puissant.