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D.T.R/R.T.D

Blood Potatoe
Journaliste

Old Black

''D.T.R/R.T.D'' instille la peur du noir et suinte la misanthropie via un black furieux et sans concession.
7 titres
Black 'n' Roll
Durée : 40
Sorti le 26/09/2025
676 vues

Issu des tréfonds de l’underground hexagonal, Old Black a vu le jour (ou la nuit) en 2006, sous la férule d’un certain Old, ordonnateur en chef du projet. De one-man band, la formation est devenue trio et s’est rendue coupable de deux méfaits discographiques suintant la noirceur et la misanthropie par tous les pores. Après avoir dispensé sa haine du genre humain dans quelques endroits dédiés (dont une prestation marquante au Klub en 2023), le trio maléfique nous revient avec un nouveau condensé de violence abrasive.
Sur ce second opus, Old Black semble être retourné à la source du metal noir. Ainsi retrouve-t-on régulièrement des sonorités proches d’un Hellhammer via ce grain de guitare et ces soli déstructurés si propres à Tom Warrior ('Debauchery'). Le son, à la fois brut et ample, renvoie quant à lui, au Sodom de 1984. On pense également à Tsjuder dans cette débauche d’énergie primale et primaire, qui mise tout sur la déflagration sonore ('Total Barbarism').
Mais que de progrès par rapport aux productions précédentes. Le groupe a muri et cela s’entend. Les compositions sont mieux structurées et plus équilibrées en termes de tempi. Si les blasts furieux sont encore de la partie, le rythme s’est quelque peu ralenti, privilégiant la lourdeur et l’épaisseur des riffs ainsi que les ambiances pesantes ('D.T.R/R.T.D' , 'I Am The New Christ'). On frôle même le depressive BM à la Shining sur le torturé 'Old Black'.
Les riffs sont tranchants et précis comme un scalpel, soutenus par une section rythmique solide. Les soli, souvent stridents, vrillent tympans et cerveau dans un malstrom décibélique ('Death Prostitution', 'Debauchery'). Le chant incarné de Old exprime toute la noirceur de l’être humain et provoquerait à coup sûr des frissons d’angoisse chez le néophyte.
On sent ici une volonté d’oppresser l’auditeur, de l’installer dans une situation inconfortable dont, paradoxalement, il finira par tirer un immense plaisir. Plaisir de retrouver la lumière réconfortante d’un environnement familier dont on l’aura tiré quarante minutes durant pour le plonger dans un vortex émotionnel explosif. Une qualité rare de nos jours.