Dream In Motion
Fred H
Journaliste

KIRK WINDSTEIN

«Ce « Dream In Motion » c'est du Kirk Windstein de bout en bout, c'est indéniable. On n'apprend rien de nouveau mais ce n'est pas un moment désagréable non plus.»

10 titres
Metal
Durée: 43'57 mn
Sortie le 24/01/2020
856 vues

Pour celles et ceux qui connaissent (et apprécient) le Sludge metal, Kirk Windstein est un peu considéré comme l'un des pères du mouvement. En 30 piges de carrière, le garçon a livré onze skeuds (le dernier en date « The Serpent Only lies » remonte déjà à 2016) avec son combo référence Crowbar, et apparait sur 3 rondelles et 1 EP avec le supergroupe Down aux cotés de Pepper Keenan (Corrosion of Conformity), Jimmy Bower (EyeHateGod) et Phil Anselmo (Superjoint Ritual, ex-Pantera).

Bref, en ce début 2020, notre « Riff Lord » (c'est son surnom) a décidé de se lancer dans l'escapade en solitaire. Ce « Dream In Motion » a été enregistré « à la maison » (comprendre dans sa bonne vieille Louisiane de coeur), sur une période de deux ans, entre tournées et moments de repos bien mérités. Notre chanteur-guitariste barbu s'est chargé de tout (compositions, textes, l'ensemble des instruments) à l'exception des parties de batterie et de quelques effets qu'il à laisser à son pote-collaborateur/producteur de longue date Duane Simoneaux (Exhorder, Crowbar, Down).

Depuis un certain temps, notre sympathique barbu « pensait à faire quelque chose d'un peu plus calme » pour montrer une autre facette de son écriture et de sa personnalité. Bien que cela ne ressemble pas totalement à son formation phare, on retrouve tout de même des/ces tonalités que rappellent qui-vous-savez (la piste éponyme). Le terrain est quelque peu familier. On trouve ces tempos ralentis, ces riffs de mammouth, ces mélodies vaporeuses et cette voix (pour sûr formée grâce à des litres de tord-boyaux ingurgités) bien connus.

Comme à l'accoutumé, et peut-être encore plus ici, Kirk s'implique personnellement. Pas de doute, la démarche du bonhomme est sincère et authentique. L'approche musicale se veut directe avec des accords simples (et l'accordage de circonstance), un son plus clair. C'est LOURD ('The World You Know'), c'est lent, c'est distordu, c'est triste ('The Ugly Truth'), oppressant (l'instrumental 'The Healing') et bien sombre ('Toxic' et 'Necropolis' et leurs vocaux qui vous hantent). Windstein se laisse aller à des passages plus planants ('Enemy In Disguise', la « ballade » 'Once Again') et aériens ('Hollow Dying Man').

La rondelle se clôture par une reprise des britanniques de Jethro Tull ('Aqualung' issu de l'album concept du même nom paru originellement en 1971). La version dynamique originelle est ici revue dans une version assez fidèle quoi Kirk-ifiée et traversée d'une fulgurance relevée de sixcordes en son milieu (surprenant car le reste de l'oeuvre en est quasiment dépourvue).

Ce « Dream In Motion » c'est du Kirk Windstein de bout en bout, c'est indéniable. On n'apprend rien de nouveau mais ce n'est pas un moment désagréable non plus. Les amateurs du genre, du bonhomme et de sa discographie apprécieront forcement. Espérons toutefois que le bougre n'attende pas 3 autres décennies pour livrer un second méfait solo.