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Dissonance Theory

FRED H
Journaliste

Coroner

Après plus de trois décennies de silence discographique, Coroner n’est pas revenu pour faire de la redite. Sombre et sophistiqué, « Dissonance Theory » est un disque FRA-CA-SSANT.
10 titres
Technical Thrash Metal
Durée : 47:19
Sorti le 17/10/2025
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CENTURY MEDIA (R)
En treize ans d’existence (1983 à 1996), et avec cinq albums studio faisant aujourd’hui encore référence en termes de thrash technico-progressif, Coroner reste un des groupes culte de la scène metal des 90’s. Hélas, fortement lassé du manque de soutien de son label d’alors Noise Records, le combo avait choisi de se dissoudre en 1996 pour finalement mieux se reformer quatorze piges plus tard. Depuis lors, bien que le trio eût repris sporadiquement les concerts, nombreux étaient les fans qui espéraient un successeur à « Grin » (1993).

Plus de trois décades après ledit dernier véritable effort studio, voilà ENFIN « Dissonance Theory ». Si le chanteur-bassiste Ron Broder (alias Ron Royce) et le guitariste-producteur Tommy Vetterli (a.k.a Tommy T. Baron) sont toujours en postes, c’est désormais Diego Rapacchietti qui officie aux baguettes après le départ de « Marquis » Marky Edelmann en 2014 (et désormais chez Tar Pond).

Passé l’intro d’ouverture ('Oxymoron'), on est aspiré dans cet univers organique cher à la triplette. Pour ses « débuts » studio (avec Coroner s’entend), Diego se montre implacable (la furieuse 'Consequence'). Comme à l’accoutumé, Tommy déploie tout son arsenal de guitariste virtuose. Entre ses riffs aussi massifs que tranchants (l’obsédant 'Symmetry'), ses changements à gogo ('The Law'), les interventions mélodiques ('Sacrificial Lamb'), et les soli venus d’ailleurs ('Transparent Eye'), le maître ès gratte suisse ne fait pas de quartier.

Les bases sont intactes (plans complexes, chant tantôt incisif tantôt froid de Ron) et certaines parties renvoient aux disques aînés (l’hypnotique 'Crisium Bound', 'Trinity'). Pour autant, les trois garçons ont choisi de ne pas rester enfermé dans le passé mais plutôt de proposer quelque chose de nouveau et d’ancré dans le présent ('Renewal'). Outre la production bien actuelle, il y a là matière pour « respirer un peu » ou au contraire accentuer l’étrangeté recherchée (le solo d'orgue Hammond sur l’oppressant 'Prolonging'),

Après plus de trois décennies de silence discographique, Coroner n’est pas revenu pour faire de la redite. Sombre et sophistiqué, « Dissonance Theory » est un disque FRA-CA-SSANT. Le groupe a su évoluer et se moderniser pour ne pas simplement reprendre là où les choses s’étaient arrêtées au milieu des 90’s. Si en plus de cela, on vous dit que ce nouvel opus sort aussi en double CD limited Mediabook, avec en bonus un livret et la légendaire démo 4 pistes « Death Cult » enregistrée en 1986 avec Tom G. Warrior (Celtic Frost, Triptykon, Hellhammer), inutile de vous dire ce qu’il vous reste à faire.