Difficile, en 2025, de se montrer original en matière de thrash. Après les précurseurs des années 80 et la nouvelle vague initiée par Municipal Waste, Gama Bomb et consorts, la scène s’avère bien engorgée et l’originalité une denrée raréfiée.
Cold Steel, jeune quintette formé à Tampa en 2019, a pourtant décidé de relever le défi. Après deux jolies cartes de visite sous forme d’EP, les Floridiens ont l’honneur de nous présenter leur premier long format.
Premier constat : là où ces derniers semblaient encore se chercher il y a peu, les Américains ont trouvé une ligne directrice pour ce premier opus, proposant des structures plus élaborées et excellement mises en son par le producteur Arthur Rizk (Power Trip, Blood Incantation).
‘’Cette chanson parle d’identité, de pression, de contrôle et du moment où, si tu n’affrontes pas ce que tu fuis, ça finit toujours par te rattraper.’’ Tel est le thème de ''No Escape'', qui ouvre l’album, et de fort belle manière qui plus est. Ce mid-tempo, qui n’hésite pas à passer la seconde de temps en temps, puise son essence dans la Bay Area, le chant éraillé de Jose Menendez rappelant Steve Zetro Souza. Autre référence à Exodus, ces riffs saccadés qui incitent fortement au headbanging.
'Protocol' poursuit dans cette veine métallique, y ajoutant un soupçon de Mucky Pup ainsi qu’un solo très ‘’hammetien’’ sur la forme. La réussite du gang tient dans cette capacité à assimiler les nombreuses influences qui parsèment le disque (citons pêle-mêle Metallica, Prong, Machine Head, Dark Angel voire Deftones) et à les régurgiter de manière suffisamment maline pour ne pas crier au plagiat ('Killing Season', 'Return To Agony').
Le groupe emprunte au hardcore ses breaks écrasants et ses chœurs virils ('Front To Enemy', 'Blacksmith Of Damnation', qui pourrait figurer sur le dernier Primal Age). Cette influence, déjà présente sur ''Deeper Greater Pain'', est ici bien plus prégnante et offre un contrepoint judicieux aux cavalcades purement thrash.
Certains effets synthétiques viennent étoffer les pistes à l’instar des claviers aériens de 'Fever Dreaming', du final étouffant de 'Vintage Point' ou du surprenant 'Smoking Mirrors' qui intègre des éléments hip hop. Un titre qui aurait, à n’en pas douter, cartonné au mitan des 90s.
L’opus se referme sur le poignant 'The Coldest Death', qui voit le vocaliste s’arracher les tripes et se mettre à nu sur un break en son clair suivi d’un solo mélancolique de toute beauté.
Un premier essai prometteur qui augure le meilleur pour nos cinq thrashers, à condition de digérer encore un peu ses influences et mieux définir sa personnalité.