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Dim Days of Dolor

Morbid Domi
Journaliste (Belgique)

Sirenia

Cet opus est non seulement un retour gagnant, mais surtout le meilleur album de Sirenia, flanqué des qualités afférentes aux albums, véritables orfèvres de la scène métal gothico-symphonique.
11 titres
Symphonic/Gothic Metal
Durée : 56
Sorti le 11/11/2016
7338 vues

Les Norvégiens de Sirenia, qui ont 15 ans de carrière dans le métal symphonique gothique, nous sortent un très attendu 8e album. Ils l'ont fait avec Morten Veland, chef d'orchestre Sirénien, vétéran ayant largement fait ses preuves dans le monde sympho-gothique, nous sortant bien souvent de très bons albums « At Sixes And Sevens » (2002), « An Elixir Of Existence » (2004) ou encore « The 13th Floor » (2009). Évidemment comme beaucoup de groupes, il y a eu aussi de la production de qualité moindre, à l'instar d'un très faible « The Enigma Of Life » en 2011.

Ce qui est notable aussi chez Sirenia, c'est la valse des chanteuses, la Norvégienne Henriette Bordvik, La Danoise Monika Pedersen et l'Espagnole Ailyn Giménez Garcia, qui a démissionné après 8 ans de loyaux services. Le 8 septembre, nous apprenions l'identité de la nouvelle chanteuse, et c'est sans grande surprise que nous avons reçu l'annonce que la Française Emmanuelle Zoldan qui prendrait la suite, elle était déjà choriste sur tous les albums depuis 2004. Puisque les chanteuses ont une importance capitale au sein du groupe, il est intéressant de découvrir sa prestance qui est maintenant passée titulaire. Morten, quant à lui, avait la volonté de passer à la vitesse supérieure.

Ce « Dim Days of Dolor » est un album magistral tant il comporte des joyaux musicaux : « Goddess of the Sea », « The 12th Hour », « Treasure n' Treason » qui nous font découvrir un chant magnifique, technique et pausé. Malgré des compétences en chant d'opéra, Emmanuelle n'en jette pas trop, elle se cale bien dans un registre lyrique lumineux, doux et engagé. Les riffs de guitare sont incisifs, les éléments symphoniques sont bien dosés, évitant le piège de la sursaturation. Quelques choeurs apportent de l'envergure toute en beauté, parfois soutenus par des growls masculins ou des chants clairs, ce qui affirme le caractère de l'oeuvre.

Le titre éponyme est épatant, il nous rapproche du fantastique ‘Imaginaerum' de Nightwish sur les aspects orchestraux, mais tout en gardant la personnalité Sirénienne. ‘Cloud Nine' surprend totalement par ses arrangements aux sonorités « Tectoniques » de 2004 et c'est bluffant sur un fond épico-symphonique menée en mid-tempo. Sur ‘Veil of Winter', on apprécie le démarrage au chant clair fusionnant avec le beau timbre d'Emmanuelle ; le tout sur une rythmique bien énergique, limite Rock. Le clavier nous donne un petit air de mélancolie rendue tout à fait supportable par l'engouement général des chanteurs. S'ensuit ‘Ashes to Ashes', véritable pépite de l'album comportant une très belle mélodie soutenue par un solide jeu de batterie avec des passages « blastés ». Les riffs de guitare s'imposent et Emmanuelle nous transporte dans de hautes atmosphères. La 8e piste, ‘Elusive Sun', démarre dans un espace bien plus lourd, très sombre pour s'alléger au fil du temps, toujours en apportant des rayons luminescents sur l'ensemble. Ce morceau est captivant de bout en bout. Le refrain, plus calme, est amorcé à chaque fois par une prise de hauteur dans l'instrumentation. Sur ‘Playing with Fire', nous découvrons une tout autre modulation de chant, versant mi-opéra, mi power Heavy pour vite redescendre dans la ligne cohérente des autres pistes. La musique y est plus soutenue et rapide que sur d'autres morceaux. Quelques riffs rageurs entrecoupent les espaces plus calmes, ce qui donne une forme d'élan. Emmanuelle s'offre le luxe de susurrer quelques paroles en Français, évoquant le firmament et les enjeux. Ce morceau est très moderne. ‘Fifth Column' vous enlace dans une sphère de félicité, sa douceur vous étreint et cette sensation est créée par un bien discret jeu de clavier qui, mine de rien, vous fore les tripes. Lorsque les orchestrations marquent la jonction, vous vous trouvez dans un terrible mouvement ascendant, vous gardant bien de retomber vu que la rythmique donne de très chouettes accélérations. Ce morceau est fabuleux. Après la pluie d'orage, un peu de beau temps, et c'est la dernière piste ‘Aeon's Embrace' qui vous cajolera dans une magnifique ballade lyrique. Les orchestrations sont soignées, je retrouve la profondeur des meilleurs titres de Dark Sanctuary. Ce titre est extraordinaire et vient clore la solide galette avec grande classe.

Transversalement, Sirenia vous promène tout au long de son oeuvre, vous réservant de splendides envolées épiques çà et là tout en ayant quelques bons passages atmosphériques. Nous découvrons de la diversité entre les pistes, l'ensemble tendant constamment à prendre de l'ascension vers de hauts sommets. Plus vous l'écouterez et plus vous vous rendrez compte qu'il s'agit d'un album grandiose. Je salue au passage l'excellent artwork de pochette des oeuvres de Gyula Havancsák.

Pour conclure, cet opus est non seulement un retour gagnant, mais à mes oreilles, le meilleur album de Sirenia, flanqué des qualités afférentes aux albums, véritables orfèvres de la scène métal gothico-symphonique.

Au niveau de la tournée live du groupe, Sirenia passera par les Pays-Bas, l'Allemagne, la Belgique, la Suisse, la Pologne et nous regrettons fortement que la France ne soit pas inscrite à l'agenda.