Annisokay est un groupe allemand de post-hardcore formé en 2007. En 2008 et 2009 le groupe publie deux démo-cd « My Ticket To Reno » et « The Point You Will Still Miss ». En 2010 arrive un premier e.p. en sortie officielle. Le groupe a proposé une reprise du « Telephone » de Lady Gaga qui ne sortira pas officiellement. En 2012 parait une vidéo pour le titre « Sky » en avant première de la sortie du premier album « The Lucid Dream{er} ».
Le groupe tourne de plus en plus, est distribué au Japon en 2013 et commence à se faire connaître. En avril 2014 SPV les prend sous son aile et republie le premier album agrémenté de bonus. En mars 2015 le second album « Enigmatic Smile » leur permet d'être classé 68ième dans les charts allemands. Le groupe se fait la main sur scène en tournant à travers l'Europe avant de rentrer de nouveau en studio et de nous revenir avec ce troisième album « Devil May Care ».
Celui-ci débute par un « Loud » bien énervé, çà crie la rage, peu de mélodie mais bien placée quand il y en a, le titre est conçu pour mettre une claque d'emblée à l'auditeur. S'en suit « What's Song » qui revient aux standards du genre, le shout n'apparaît que sur la fin, le reste étant exclusivement en voix claire sur mélodie radiophonique. Un second titre en rupture avec le premier. Puis survient un « Smile » qui fait la balance vocale des deux titres précédents avec un dosage égalitaire de scream et de clean vocal. Moins rapide, ce titre possède une ambiance plus prenante.
« D.O.M.I.N.A.N.C.E. » mélange l'agressivité et la lourdeur , la brutalité vocale et le mélodique. Doté d'un grand nombre d'effets donnant une teinte toute particulière au morceau. Retour d'une grosse énergie sur « Thumbs Up Thumbs Down », certains phrasés font penser à Stabbing Westward, le break est plus hardcore et le refrain est bien accrocheur, bref un bon morceau de plus.
« Blind Lane » est beaucoup plus posé, conçu pour en faire un single, seul la fin du titre voit arriver quelques shouts placés en seconde zone lors du mixage. Le clean vocal est de mise pour un éventuel passage radio. Avec « Hourglass » Annisokay démontre qu'il fait aussi bien que les groupes américains, le titre contient tout les ingrédients du metalcore à succès. « Photographs » est traditionnel dans le bon sens du terme, le schéma est ultra-connu mais il possède une accroche certaine.
Le plutôt convenu « Gold » est encore un contraste entre des couplets mid-tempo très lourds et des refrains aériens, le titre n'en est pas moins assez entraînant. Le titre « facile » par excellence conclu l'album. « The Last Planet » possède des couplets sur rythmique de toms, un pré-refrain agressif et un refrain radiophonique. Un titre agréable sans plus, ça passe bien dans les oreilles.
Au bout du compte nous nous retrouvons avec un album assez varié ou il n'y a pas de faiblesse. Les titres plus simples réussissent également à nous prendre dans l'ambiance, il est vrai que plus simple ne veut pas dire de moindre qualité. Le groupe prend en assurance et délivre un album assez mature. Il n'a rien à envier à nos voisins Anglo-saxons et américains où le genre est bien plus répandu. La qualité de composition et la production peut se permettre de rivaliser avec le haut du panier de la vague « core » . Nul doute que le fan sera comblé.