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Devil

United Rock Nations

Chiodos

13 titres
Durée : 53
Sorti le 01/04/2014
4939 vues
Difficile exercice que la chronique de ce quatrième album, tant Chiodos se plaît à brouiller les pistes. Avec leurs dégaines de jeunes grunges intellos (leur nom est d'ailleurs un hommage à la fratrie Chiodo, cinéastes américains spécialisés dans les effets spéciaux - mouais, vachement rock'n'roll tout ça !), le quintette ricain va quand même nous trimballer entre des deuxièmes voix death et ambiances malsaines symphoniques trash, certes habilement façonnées entre les guitares et claviers, (cf les titres « Ole fishlips is dead now », « Expensive conversations in cheap » par exemple) et la soupe emo pop US la plus convenue (« Under your halo »), après nous avoir baguenaudé depuis des ballades à la guitare sèche (« Looking for a tornado ») jusqu'à des titres opéra rock (« Sunny days and hand grenades ») !

Et encore, lorsque vous saurez qu'à chaque titre classé ci-dessus dans tel ou tel registre, on a droit la plupart du temps à des mélanges entre ces genres, au sein de chaque chanson ! Bref, ça part dans tous les sens, et la plupart d'entre nous se retrouve paumée en route !

Certes, il faut reconnaitre à Chiodos un talent indéniable à trousser de belles mélodies, qui assurera d'ailleurs une très belle carrière dans les charts américains de leur 4ème album. A leur crédit également une capacité à pondre de bons riffs techniques et élaborés (« I'm awkward and unusual ») . Néanmoins, ce groupe originaire du Michigan irritera qui n'est pas un ado fan d'emo. Entre une voix à la Sebastian Bach (Skid Row), certes virtuose mais qui ne nous épargne pas les tics du frontman de Skid Row (aspirations et petits cris orgasmiques de folle du désert à la fin de tous les deux mots des couplets, sur « Duct tape » par exemple), et une recherche systématique de mélodie pop, au milieu des ambiances les plus diverses, on ne parvient pas à se défaire du soupçon que tout cela manque de spontanéité...

Au final, la plupart d'entre nous ne retiendra malheureusement que des structures par trop alambiquées (de même, que les noms des titres d'ailleurs) pour faire mouche, et ce d'autant que le son de Chiodos, tirant sur les aïgus, manque un peu de profondeur. Il ne fait donc que renforcer le défaut de composition, à savoir l'incapacité à développer et laisser s'épanouir vraiment un riff ou une mélodie, pour au final, un cruel manque de vraie puissance.

Bref, du syncrétisme, pourquoi pas, mais bon, faut que ça reste du rock !