Bientôt 30 ans d'existence pour le groupe de war death metal américain Invasion. Pourquoi war? Car le groupe officie dans un death old school brutal orienté sur la guerre de par l'intérêt du combo pour la guerre de Corée et du Vietnam et les deux guerres mondiales. On le ressent d'ailleurs sur chacun des titres qui ont une introduction systématiquement guerrière par des sons de combats aériens, de rafales de mitraillettes ou de discours d'engagement politique.
Fort de trois albums ( ''Conquered'' en 1999, ''Berserk Artillery Barrage en 2002 et ''Orchestrated Kill Maneuver'' en 2010), il aura fallu attendre 7 ans pour que ce quatrième album voit le jour sous le nom de ''Destroyer of Mankind'' causé par des soucis de line-up comme le départ de Dave ''Ross'' Cady en 2014 remplacé par Dan Klein. C'est John Hehman qui occupe la place de lead guitare accompagné à la rythmique par Ralph Hernadez. Seul membre rescapé, le bassiste/vocaliste Peter Clemens en charge également des textes toujours inspirés des guerres.
C'est donc sur 3/4 d'heure et 9 titres qu' Invasion nous délivre sa vision de la seconde guerre mondiale tout comme cette guerre fût, c'est-à-dire brutale et dévastatrice!
On notera, sans détailler chaque titre, un growl puissant et caverneux soigné de la part de Peter qui confère indéniablement une agressivité certaine à chacune des chansons qui peut même être hurlé pour dénoncer l'atrocité comme sur 'A Satisfying Death'. Globalement on note une relative dissonance dans les riffs accentuant l'effet dérangeant de l'ambiance avec même des passages plus sombres et terrifiants ('The Divine Wind') .
L'album est dans son ensemble très énergique permettant au nouveau batteur de s'exprimer pleinement par sa maîtrise du blast beat qu'il saura alterner de mid tempo plus ou moins rythmé en fonction de l'aspect dévastateur à fournir voir de fournir un aspect clairement militaire à son groove ('I Am the Enemy', 'Iron Bottom Sound', 'Play the Devils Piano' et 'Summon the Wolfpack')
Quelques titres se démarquent tels que 'Iron Bottom Sound' et sa mélodie enivrante au milieu de la rythmique tronçonnée sans compter les nombreux passages aux influences thrash crossover de part le groove et la dynamique du jeu créant un mélange clairement impactant.
A tout cela, un très bon travail post prod pour sortir un son de bonne facture mettant bien les instruments en valeur avec un petit plus pour la caisse claire et son rendu sec tel un impact de balle, tout à fait dans l'esprit du quartet américain.
Les deux derniers titres clôturent l'album sur une tonalité légèrement différente avec le lent, lourd et inquiétant 'Summon the Wolfpack' et ses riffs stridents, et l'affreux 'Shores of Betio Island' qui, au-delà des riffs aigus et des blast beats, se durcit à mi-course vers quelque chose de terriblement efficace.
Un quatrième album qui a mis le temps à arriver et qui a le mérite d'être efficace et bien produit. Un death metal clairement original en s'inspirant des phénomènes marquants de le seconde guerre mondiale ici, thème particulièrement adapté à l'agressivité et à la dynamique des compositions des américains. 3/4 d'heure dévastatrice qui met une grosse claque à son auditeur qui tendra l'autre joue pour une seconde écoute !