Tout droit venu de chez nos cousins germains québécois où le froid fait rage durant l'hiver, je vous présente Dépérir, un quartet de Black Metal dont la musique est aussi glaciale que les hivers canadiens!
Articulé autour d'Arawn à la basse, Loki à la guitare, Winterthrone au chant et S.Sortheii à la batterie, Dépérir nous présente son 1er album en mars dernier via le label HSP Productions.
Comme beaucoup de groupes de cette contrée francophone, le combo a choisi la langue de Molière pour s'exprimer et c'est tant mieux car le français a quelque chose de spécial dans ses mots et sa phonétique pour illustrer un déversement de colère et de rage. Ca tombe sous le sens ici vu les thèmes plutôt sales abordés par les québécois (guerre, sexe, religion, misanthropie, meurtres) pour lesquels le frontman Winterthrone, à la diction parfaite, les déverse à merveille de façon claire et intelligible! Difficile de dire que c'est incompréhensible lorsqu'on écoute l'album et c'est une bonne chose pour l'auditeur.
Sectionné en 8 pistes pour une durée de 35 minutes, les titres sont relativement cours pour une délivrance maximale de violence à commencer par le très incisif ''Esprits Violés'' et son riff lancinant et répétitif, son texte hurlé avec rage et agressivité à la façon de Mika Luttinen (Impaled Nazarene). Le tout accompagné par un tempo musclé qui sera plus tempéré sur ''Triade du Demiurge'' au rendu plus black 'n' roll malgré un final dévastateur dont la basse exacerbée enfonce le clou de la cruauté, ou encore sur le titre éponyme. un peu plus loin sur la galette.
Vous l'aurez compris, on entre rapidement dans le bain avec le quartet canadien qui continue son opération dévastatrice façon bulldozer par l'enchainement de titres toujours plus agressifs (''Shrapnel'', ''La Corde'', ''L'Empaleur'').
On remarque toutefois deux titres qui dénotent du reste de l'album: le groovy ''Tourments de Mon Âme'', qui offre un univers plus lourd et sombre sur un mid tempo accompagné d'un chant plus plaintif et dépressif avec moins de hargne et plus de souffrance; et le glacial ''Le Misanthrope'' dont l'univers reste froid notamment par le chant moins nasillard accompagné d'une rythmique cristalline qui vibre et résonne dans le cerveau laissant une empreinte malsaine.
Avec cet album éponyme, Dépérir est sur la bonne voie pour déverser une musique malsaine aux relents old school. C'est très appréciable d'autant que le groupe ne s'enferme pas dans la facilité de distiller des morceaux brutaux et répétitifs et offre une multitude de variété et un savoir-faire certain sur l'ensemble de ses compositions. Groupe à suivre de près!