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Deliverance

ALDO
Journaliste

BONE CHURCH

Madeleine de Proust...
7 titres
hard rock
Durée : 34 Minutes
Sorti le 24/10/2025
306 vues
RIPPLE MUSIC

L’Amérique et la musique, c’est un peu comme l’Auvergne avec ses fromages : un pays qui compte bien plus d’un canton, et bien plus d’un groupe de rock.
Blague à part, le pays est tellement vaste et peuplé qu’il fourmille, si l’on exclut la pléthore de formation établies, d’une kyrielle de combos en devenir, qui écument jusqu’à l’épuisement le circuit des clubs pour se faire une place au soleil.

Par ailleurs, en tant que patrie du Blues, du Rock et du Jazz, elle voit tourner nombre de groupe qui rendent hommage à une certaine époque où les musiques saturées pointaient le bout de leur nez, en produisant un proto-hard très typé 70, avec des sons vintage enjolivés par les méthodes et technologies de studio actuelles.

Bone Church fait partie de ces artisans qui évoluent dans cette division. Originaires du Connecticut, les cinq musiciens réunis depuis 2016 en sont déjà à leur seconde galette, laquelle succède à un premier essai baignant dans l’occultisme, « Acid Communion », et sorti juste avant le confinement.

« Delivrance » délivre donc un chapelet de sept chansons qui donnent un panorama relativement complet de ce que pouvait offrir la musique Rock (et affiliés) dans les années septantes.
Il y a évidemment du blues teigneux mid tempo (« Lucifer Rising », très « The Vintage Caravan » dans l’écriture ; « Bone boys ride out » plus vaudou avec son orgue Hammond façon « Scoubidou » contrastant avec des riffs lourds comme des parpaings) qui sait aussi ralentir le rythme pour se faire plus hypnotique (le très ZZ Top « Goin’ to Texas). On a un peu de hard louvoyant entre Nashville Pussy et AC/DC (« Electric Execution », avec un Jack Rune – chanteur – pastichant avec talent Robert Plant lorsqu’il taquine les aigus). Nos gaziers savent également se faire plus poppy et nostalgiques (le superbe refrain de « The Sin of 1000 heathens », les magnifiques couplets nimbés d’une slide gorgée d’émotion de « Deliverance »).
Petit plaisir coupable, BONE CHURCH goûte aussi les rythmes plus urbains et funky (« Muchacho Muchachin’ », dont le titre trompeur cache une pépite qui n’aurait pas dépareillé dans une série B « Blaxploitation »)

Et puis il y a LA chanson de l’album : « Deliverance » étale sur plus de huit minutes toute la science du groupe en terme de Southern Rock. Le « Freebird » de Lynyrd Skynyrd » habite littéralement cette pièce qui sait faire monter la sauce, partant d’une ballade folk pour exploser avec une floppée de soli incandescents. Brillant !!!

« Deliverance » (l’album) ne cache surtout pas ses influences. Celles-ci sont toutefois respectées, et l’on sent une volonté du groupe d’en livrer son interprétation propre. A ce titre, il pourrait bien constituer une madeleine de Proust pour nombre de fans d’une certaine époque musicale, où tout restait à inventer. Recommandable !