Menu principal
Accueil(current) News Live Reports Interviews The Wall Chroniques Groupes Concerts

Death.Horses.Black

ALDO
Journaliste

My Diligence

J'étais pas prêt...
8 titres
heavy stoner
Durée : 90
Sorti le 31/05/2024
1135 vues

Il est des moments dans la vie d’un chroniqueur musical qui sont plus difficiles que d’autres -toutes proportions gardées, hein…y’a pas mort d’homme, loin de là. Ainsi lorsqu’on se retrouve devant un album dont, après moultes écoutes, ne sait comment restituer l’impact de celui-ci. La musique vous semble familière, du fait du style, mais dépourvue de tout point saillant évident qui vous permettrait de la sortir du lot. Pourtant, que ce soit dès l’entame, ou plus vicieusement au fur et à mesure d’une écoute d’abord discrète, celle-ci vous happe et vous déconnecte littéralement de l’environnement immédiat. Vous êtes ailleurs, sans trop savoir comment y être arrivé, ni même être en mesure de décrire l’ailleurs en question.

Et c’est un peu ce qu’on expérimente avec la dernière galette des bruxellois de My Diligence. En effet, au premier contact, l’on est face à la puissance tellurique d’un Postcore qu’un Cult of Luna livrerait habituellement. Bref, du classique…
Sauf que…il flotte dans les entrelacs de distortion un je-ne-sais-quoi de moins dépressif, comme une sortie de tunnel au loin, qui amène l’auditeur à prendre les chemins de traverse d’un style sans doute déjà un peu trop balisé.

Ainsi en est-il, par exemple, du plutôt concis « Lucid Alley », nimbé d’un brin d’écriture liverpuldienne (ça sent le Beatles par moment, quoi…) qui jure avec la pesanteur coutumière du Postcore. De même, « Sacred Anchor » vient s’acoquiner avec un rien de…skate punk (ou un truc du genre : direct, mélodique et dansant). Ces deux titres cultivent avec parcimonie un certain art du contraste qui vient surprendre l’auditeur pour son plus grand plaisir.
Et c’est peut-être là, le secret de cette galette : chaque titre est l’occasion de diversifier le propos d’un genre par essence monolithique, en l’assaisonnant chaque fois d’un ingrédient différent : l’excès de loudness (« Death »), les multiples surprises rythmiques (« Black »), voire l’émulation du chant des baleines (l’instrumental « Interlude (The Bridle and the Bit) »…et puis, régulièrement, le chant hurlé laisse place à des chœurs clairs, et à certaines lignes plus éthérées.

La mise en son du désormais installé Francis Caste pousse notamment la batterie dans le rouge (les prises sont souvent à la limite de la saturation), tout en baignant l’ensemble dans une ample réverbération , et cela sans sacrifier à la précision sonore. On est ici dans une matière puissante, majestueuse et « cosmique ».

Comme déjà évoqué plus haut, on se fait happer au fur et à mesure de l’écoute de « Death.Horses.Black ». Loin d’autres œuvres plus ‘In your Face » qui ne vous laissent pas le choix dès les premières notes, le trio Bruxellois prend le temps de vous attirer dans ses filets pour vous laisser à la fin lâcher un « WAOW ! », du genre qu’on expulse lorsqu’on sort d’une expérience à laquelle on n’était pas préparé…pas du plaisir, non…plutôt de l’heureuse surprise. Bref, à vivre pour comprendre…à tout le moins essayer…