« De Rerum Natura », un album qui confirme que Moonlight Haze est né sous une bonne étoile et qui saura trouver son public, vous rendant impatients d'en entendre davantage !
Ah l'Italie, décidément nous y revenons souvent ces dernières années pour vous présenter les groupes qui y agitent la scène Power/Heavy/Symphonic Metal avec conviction et talent ! Cette fois-ci, c'est sur le tout jeune projet Moonlight Haze, fondé en 2018 par Chiara Tricarico (chant) et Giulio Capone (batterie, claviers), que nous nous penchons puisque leur premier album, « De Rerum Natura » promet une carrière très intéressante au groupe !
Dès les premières notes de ‘To The Moon And Back', on sent le foisonnement créatif du groupe qui ne se prive pas d'emprunter ouvertement aux sonorités orientales pour habiller leur Symphonic/Power Metal autrement plutôt classique mais très bien fait, ce à quoi la très grande majorité des groupes de ce genre évoluant chez Scarlet Records nous ont habitué. Dans un registre moins lyrique, ‘Ad Astra' s'impose comme une chanson puissante et portée par une belle énergie de Moonlight Haze, ainsi que par les claviers de Giulio Capone ! Plus solennel, ‘Odi Et Amo' fait la part belle à la basse d'Alessandro Jacobi, mise en valeur grâce à un mixage soigné et équilibré qui permet également de découvrir une autre facette de l'univers musical du groupe. C'est avec douceur que le groupe nous propose ‘The Butterfly Effect', encore une fois magnifiquement porté par la voix de Chiara Tricarico.
Moins surprenant, ‘Time' donne dans le Sympho très classique, au point de décevoir les amateurs de Power, auxquels le groupe a malgré tout pensé en incorporant quelques touches de scream en arrière plan. Etrangement, les influences asiatiques pressenties dans ‘To The Moon And Back', font leur retour sur ‘Dark Corners Of Myself', se mêlant pour l'occasion à un classicisme musical impressionnant mais très agréable puisque maîtrisé par les musiciens qui donneraient presque dans le baroque (bien qu'ils s'éparpillent momentanément dans d'autres registres). Comme un grand nombre de titres de « De Rerum Natura », Moonlight Haze soigne l'introduction de ‘A Restless Mind' et prend le temps de poser un décor. Au cours du morceau, les guitares de Marco Falanga et Alberto Melinato rivalisent d'ingéniosité à travers de riffs et soli endiablés qui répondent au clavier.
Malgré certains passages qui peuvent être un peu trop édulcorés, ‘Deceiver' est une chanson très complète qui joue sur les nuances et propose une évolution à la manière d'une histoire. Si on peut ici retrouver un parallèle avec Ancient Bards, il est évident que Moonlight Haze manque encore de maturité et d'expérience, se laissant parfois étouffer par un trop grand nombre d'idées qui ne fonctionnent pas nécessairement ensemble. La très bien nommée ‘A Shelter From The Storm' prend la forme d'une power ballad délicate et mise en valeur par des jeux vocaux de la frontwoman qui nous fait une démonstration complète de ses talents. La conclusion s'intitule ‘Goddess' et mérite autant d'attention que tout le reste de l'album tant elle semble aboutie et intelligemment pensée.
« De Rerum Natura » est un album qui confirme que Moonlight Haze est né sous une bonne étoile, ce à quoi on pouvait s'attendre puisque le groupe compte dans ses rangs des musiciens et anciens musiciens de Temperance, Elvenking, Sound Storm, Teodasia et Overtures. Si ce premier opus n'a pas l'incroyable talent du « The Fallen King » (2018) de Frozen Crown, également sorti via Scarlet Records, ni la maturité des créations d'Ancient Bards, qui nous offrait en janvier de cet année l'excellent « Origine - The Black Crystal Sword Saga Part 2 », il ne manque pas de brio et saura trouver son public et vous rendre impatients d'en entendre davantage !