Les américains de Charred Walls of The Damned nous sortent un troisième album en 8 ans de carrière. Si vous osez penser que c’est un peu juste par rapport à d’autres artistes plus hyper productifs, il convient de relativiser ce constat. C’est que dans ce quatuor, voyez-vous, nous trouvons quelques stars sacrées du monde qui anime nos passions ; des monstres sacrés du Métal, chacun fortement occupé dans des projets respectifs.
Au chant, nous trouvons Tim "Ripper" Owens au C.V. Heavy respectable (Vocaliste chez Beyond Fear mais aussi de l’expérience au sein de Judas Priest, d’Iced Earth et 5 années au service du talentueux Yngwie J. Malmsteen) – Notez que je passe volontairement les groupes actuels au sein desquels Tim est toujours actif, ou encore, ceux desquels il a mis fin à la collaboration.
A la guitare, Jason Suecof, guitariste de base Death technique mais aussi producteur renommé (Atheist, Whitechapel, Trivium, The Black Dahlia Murder, Job for a Cowboy, Deicide, et là aussi, j’en passe…).
A la basse, le fabuleux Steve DiGiorgio, actif dans près de 11 groupes dont Testament et Sadus mais aussi de très belles expériences chez Death, James Murphy, Control Denied et autres…)
Enfin, à l’initiative du projet, derrière les fûts, Richard Christy, ayant sévi 6 ans au sein de Death, 5 ans chez Control Denied, 4 ans chez Iced Earth mais aussi des passages chez Acheron et d’autres combos moins connus. Messire Christy a aussi joué aux comiques dans une émission de show télévisé d’Howard Stern (c’est pas commun !!!)
Nous pouvons nous accorder sur le bon potentiel que voici regroupé.
Au niveau des productions, le premier album avait été salué par la critique qui fut ravie de trouver un résultat bien à la hauteur des espérances, un quatuor jouant du bon heavy pour se faire plaisir. Ceux qui s’attendaient à un bon revival Death ne furent que légèrement contentés vu la primauté d’un bon gros Power US. Il en est allé dans la même direction pour le second album, qui lui fit l’objet de moins d’engouement. Etait-ce lié au fait qu’on ne se trouvait plus dans la découverte ?
Bref, nous aurons eu le temps de digérer le tout pendant 5 années.
C’est en terrain connu que j’allais à la rencontre de ce nouvel opus.
Le plus gros problème que j’ai eu au départ, c’était de trouver le lieu idéal où me pauser pour l’écoute. Ma conclusion est sans appel, tel un album d’Iron Fire, l’idéal, c’est en conduisant sur l’autoroute.
9 titres seront écoutés, réécoutés, coupés, relancés…
Mon propre verdict tombe… c’est un très bel album, c’est plaisant, c’est frais, je retrouve les bases du groupe mais avec un bien meilleur son que par rapport à l’album au titre éponyme. Nous entendons bien le jeu de basse de Steve qui la groovise à souhait. C’est pur bonheur, à titre exemplatif, écoutez donc ce merveilleux « The Soulless » qui démarre en mode Death pour plonger dans un bon Thrash Heavy bien speedé. Ce morceau est incontestablement le trésor de l’album.
Tim nous offre un chant bien dynamique, il est en forme le bougre, et c’est très épiquement qu’il nous transporte. Quelques soli monstrueux de technicité guitaristique viennent égayer le tout.
Une seconde perle retient toute mon attention, ce très bon « Afterlife », bien pêchu, sur lequel Tim nous fait un chant modulé plus Rock (Guns N’Roses) mais dans une bonne intensité. Le refrain est génial, c’est entraînant. Imaginez cela en concert !!! Tuerie garantie.
« Lies », 5ème titre, possède aussi de jolies lettres de noblesse, allant plus dans un registre entre Blind Guardien et nous délivre, une fois encore, un refrain hors-pair. C’est grandiose.
« My Eyes » me revient en tête car le morceau démarre sur un très bel arrangement, vous sortant de la pénombre pour aller vers la forte lumière, morceau dynamique, puissant, chant plus speedé. Très beau moment.
Un autre grand moment, se vit à l’écoute de « As I Catch My Breath » qui est bien construit, dans un élan plus power quant à lui. Avec des chœurs qui apportent bonne densité.
Sur « Reach into the Light », Steve nous délivre un jeu de basse époustouflant !!! (Admirable !!!) tandis que Tim nous surprend dans un chant plus agressif, plus frénétique presque criard. Quelle claque !!! Si Richard s’est épris pour la comédie, force est de constater que son jeu de batterie garde grande ferveur et solide qualité.
Hé zut, je vous cite quasi tous les titres, je crois que je suis en train de constater que cet album est excellent, ben oui, écoutez « Living in the Shadow of Yesterday » qui vous ballade dans la quintessence du meilleur power Ricain.
Oui, ce verdict m’apparaît évident, l’album est excellent et je ne puis que vous exhorter à le découvrir dès sa sortie.
J’ose même prétendre qu’il s’agit du meilleur album du groupe à ce jour.
Pour en percevoir les subtilités, plusieurs écoutes seront indiquées.
Il y a eu gain en cohésion, apport de maturité malgré l’expérience conséquente qui s’écoutait sur le premier album en 2010.
Chapeau aussi pour l’artwork de la pochette, splendide crossover entre Incantation et Rotting Christ !!!
Je réalise enfin avoir passé un super moment.
En conclusion, avec «Creatures Watching Over the Dead », Charred Walls of the Damned consolide fortement son propre style culinaire de Power speed Thrashisé parsemé d’un fin soupçon deathly, nous offrant un plat digne d’un chef doublement étoilé du métal. A déguster sans modération.
Le pire avec ce plat, c’est comme la Kriek Belle-Vue en ma petite Belgique : « Au plus que tu la goûtes et… au mieux que ça te goûte !!! »