Délivrant un sludge/death depuis une dizaine d'années, le quintet américain originaire de Washington, DC, nous offre pour ce début de mois de mars 2018 (le 2 précisément), leur cinquième opus. Il est signé chez Relapse Records et s'intitule \'\'Corpse Fortress\'\'. Très actif, le combo produit un album et/ou split par an! Ne connaissant pas toute la discographie du groupe, nous allons nous intéresser à ce dernier album sans comparaison aux autres en sachant que la ligne directrice du groupe repose sur la souffrance et la douleur. Le chanteur Orion s'inspire de nombreux faits divers sordides et de films d'horreur pour composer les textes pour une création musicale faite à l'unisson.
Dès les premiers riffs du titre introductif \'\'Hikikomori\'\' (que vous pouvez découvrir au bas de cette chronique), on sent que nous allons avoir à faire du lourd! C'est gras, très gras, graisseux même! Le tempo est lourd voire écrasant et le chant d'Orion torturé sans être plaintif (ce n'est pas du post black!) ce qui accentue l'atmosphère sombre du titre et de l'album. La mélodie est répétitive et le rythme assez martial pour entretenir l'univers ténébreux du combo.
On pourrait penser que l'ensemble de l'album va reposer sur cet acabit...pas tant que ça; même si le son reste à l'identique sur les 9 titres, Ilsa enchaine les titres avec variété et ce dès la seconde piste \'\'Nasty, Brutish\'\' qui est bien plus dynamique avec son rythme qui groove! Toujours gras à souhait, la mélodie est plus légère et offre des plans plus rock! Une énergie que l'on retrouve plus tard avec \'\'Rückenfigur\'\' et \'\'Old Maid\'\' teinté hardcore.
Rapidement, l'ambiance sombre reprend le dessus et le côté oppressant se manifeste avec les volumineux \'\'Cosmos Antinomos\'\', \'\' Long Lost Friend\'\' et \'\'Polly Vaughn\'\' en plus dissonant et hypnotique pour le premier, le second étant suffoquant, le dernier tournant au film d'horreur!
Deux titres se démarquent: \'\'Prosector\'\' et \'\'Drums of Dark Gods\'\' pour lesquels l'influence artistique est différente puisque le premier sonne death avec son mid tempo assez rythmé, tandis que le second explore le drone metal. Les 7 minutes ne sont occupées que par des riffs bourdonnant, écrasant et dont les notes sont tenues sur une longue période. Peu de rythme, un léger jeu de batterie avec parcimonie, l'ensemble du titre étant principalement occupé par le guitariste et le chanteur qui hurle en souffrance ici!
47 minutes variées bien que le thème musical reste fidèle au groupe et à ses influences. La musique du quintet américain est sombre et oppressante, c'est un fait, mais ils savent parfaitement surprendre leurs auditeurs en sortant des sentiers battus et intégrer des plans plus légers (groove, hardcore), plus classiques (death) voire expérimental (drone). Un cinquième opus en 10 ans de carrière qui démontre qu'Ilsa n'est pas prêt de s'essouffler et que l'on peut s'attendre à au moins un split en 2019!